À Charles Spon, le 24 mars 1648
Note [2]

« Puisse Dieu faire qu’il guérisse bientôt. »

Guy Patin a écrit la vérole, mais il faut ici entendre la petite vérole (variole) et non la grande (syphilis) chez un enfant en si bas âge que l’était alors Mathieu Spon (né en octobre 1644, v. note [5], lettre 113), le fils aîné de Charles.

Rougeole (Trévoux) :

« maladie qui vient particulièrement aux enfants et qui ressemble fort à la petite vérole, dont elle ne diffère que du plus au moins. Rubentes pusulæ : la rougeole consiste en de petites taches rouges, semblables à des piqûres de puce ; ces taches s’élèvent très peu au-dessus de la peau, et ne suppurent point comme les pustules de la petite vérole, elles se dissipent bientôt et il n’en paraît plus le huitième jour. Cette maladie est accompagnée d’inquiétude, de fièvre, de soif, d’une petite toux, de pesanteur de tête, d’assoupissement, du flux continuel d’une humeur qui vient des narines et des yeux, d’éternuement, de diarrhée, de vomissement. La cause de la rougeole est une fermentation particulière et légère de la masse du sang, excitée par la mauvaise constitution de l’air ou par quelque autre cause extérieure. La plupart des médecins veulent qu’il y ait d’ailleurs dans nos corps un mauvais levain que nous contractons dans le sein de nos mères. On appelle la rougeole en latin morbilli. »

La rougeole aujourd’hui reste fidèle à ce tableau, et sa complication la plus redoutée demeure l’atteinte des poumons ; mais on la sait provoquée par un paramyxovirus hautement contagieux, contre lequel existe un vaccin efficace qui a permis de l’éradiquer dans plusieurs pays occidentaux, mais pas encore en France (en 2019).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 24 mars 1648. Note 2

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(Consulté le 09.08.2022)

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