À André Falconet, le 27 février 1660
Note [2]

Holstenius (Luc Holste, Hambourg 1596-Rome 1661) s’était rendu à Leyde dans l’intention d’étudier la médecine, mais il y avait renoncé pour s’adonner aux littératures anciennes sous la direction d’érudits comme Voss, Heinsius et Meursius. De retour dans sa ville natale, après un voyage en Italie, il s’était vu refuser le poste de sous-directeur du gymnase et avait quitté l’Allemagne pour toujours. D’Angleterre (1622), il était venu en 1624 à Paris pour s’y faire catholique et se lier avec le légat du pape, le cardinal Francesco Barberini, qu’il accompagna à Rome en qualité de secrétaire et de bibliothécaire. Dès lors son avenir était fait, il fut comblé de canonicats. En 1629, il avait reçu la mission de porter au nonce Santa-Croce, à Varsovie, le chapeau de cardinal, et il l’eût obtenu lui-même sans la mort d’Innocent x. Il s’employa activement à convertir divers hauts personnages, mais s’opposa aux excès de zèle de la congrégation de l’Index qui condamnait trop systématiquement les ouvrages d’auteurs protestants. À sa mort, Holstenius légua sa précieuse bibliothèque aux augustins et partagea ses manuscrits entre le pape, la reine Christine et la ville de Hambourg. Il avait des connaissances fort étendues en littérature ancienne, et possédait à fond les antiquités ecclésiastiques et profanes. Il a laissé une multitude de petits ouvrages, et surtout d’innombrables annotations, soit sur les auteurs classiques, soit sur les écrivains et érudits qui avaient étudié l’Antiquité avant lui (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 27 février 1660. Note 2

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(Consulté le 26.09.2020)

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