À Charles Spon, le 28 septembre 1655
Note [24]

Sagæ : sorcières, magiciennes, entremetteuses, en latin. Le passage du livre de Bouvard sur les Sagæ va des pages 130 à 133 et débute sur ces phrases :

Quis obstetrices vulgares hodiernas, Sagas et Sapientes nuncupet, magna ex parte stultas et fatuas ? Quis eas obstetricandi artem docet ? An Medici, qui turpe et indecorum suæ maiestati manuariam opem sæpe duobus a morte liberandis, fœtæ et fœtui, ferre existimant et sacramento prohibentur ? An tonsores asellis stolidiores ? An iurati pares ? Minime vero. Qui ergo sunt, qui omnia, quæ ad eruditionem Sagarum et ministrorum, ad tyrociniorum et magisteriorum certitudinem, et ad exercitorum et peritiæ confirmationem necessaria sunt subministrant et sufficiunt ? Sagæ certe se ipsas usu edocent et formant quovis periculo.

[Qui dirait subtiles et sages nos vulgaires matrones d’aujourd’hui, elles qui sont pour la plupart folles et sottes ? Qui leur enseigne l’art d’accoucher ? Les médecins estiment-ils honteux et indigne de leur grandeur de mettre la main pour souvent sauver et la mère et l’enfant de la mort ? Excluent-ils ceux-là du serment qu’ils ont prêté ? Les barbiers sont-ils plus stupides que des ânons, les chirurgiens jurés valent-ils autant ? Non, pas du tout. Qui sont donc ceux qui fournissent et procurent tout ce qui est nécessaire pour l’instruction des matrones et de leurs aides, pour la certification des apprentis et des maîtres, et pour la confirmation des aptitudes et de l’expérience ? Assurément, les accoucheuses se forment toutes seules sur le tas et tirent leur savoir de tout péril qui se rencontre].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 28 septembre 1655. Note 24

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(Consulté le 19.01.2020)

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