À Gilles Ménage, le 20 juillet 1651
Note [25]

À la suite d’une erreur commise, en 1554, par le botaniste et médecin flamand Rembert Dodoens (Malines 1517-Leyde 1585 ; Dodonæus, écrit Dodones par Guy Patin), professeur de médecine à Leyde en 1582, on a longtemps assimilé le tabac à la jusquiame jaune (Hyoscyamus lutea) ; il lui en est resté cet autre nom de hyoscyame du Pérou.

La jusquiame véritable est une herbe qui « cause une aliénation d’esprit pareille à celle des gens ivres, et fait que les malades se détordent leurs membres avec des grands tremblements, et brayent comme des ânes, ou hennissent comme des chevaux. Avicenne écrit qu’un des symptômes qu’elle cause, c’est que le malade croit qu’on le fouette par tout le corps, bégayant, brayant et hennissant comme un âne et un cheval ; les pistaches sont son contrepoison » (Furetière). « Galien dit en parlant du jusquiame que celui qui a la graine noire provoque à dormir et trouble l’entendement ; que celui qui a la graine un peu rousse, a presque la même proprieté que l’autre ; que l’un et l’autre sont dangereux et venimeux, mais que celui qui a la fleur et la graine blanches est fort bon en médecine, et réfrigératif au troisième degré » (Thomas Corneille).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Gilles Ménage, le 20 juillet 1651. Note 25

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(Consulté le 21.09.2019)

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