À Charles Spon, le 20 mars 1654
Note [3]

Traduction de Plura scribo quam credo, expression qui se lit dans la curieuse :

Historia Bohemica. Habes hic candide lector, Æneæ Sylvii de Bohemiorum origine, atque gentis illius gestis, moribus, ac institutis elegantiss. libellum, complectentem simul variarum rerum, præcipue tempore concilii Constantien. ac Basilien. gestarum, quibus author ipse interfuit, cognitionem, uti index hæc omnia copiose demonstrabit.

[Histoire de Bohême. Voici pour toi, bienveillant lecteur, le très élégant petit livre d’Enea Sylvio {a} sur l’origine des Bohémiens, avec les actions, les mœurs et les institutions de ce peuple ; il embrasse aussi la connaissance de divers faits qui se sont principalement produits au temps des conciles de Constance et de Bâle, {b} auquel l’auteur a lui-même assisté ; toutes choses dont l’index fait copieusement état]. {c}


  1. Enea Silvio Piccolomini (Æneas Sylvius ; Corsignano, République de Sienne 1405-Rome 1464) a mené une double carrière d’écrivain latin, historien et poète, et d’ecclésiastique. Admis à la prêtrise et immédiatement nommé évêque de Trieste en 1447, il fut créé cardinal en 1456 et élu pape en 1458 sous le nom de Pie ii. Sa principale action consista à favoriser les croisades contre les Ottomans.

  2. Le concile œcuménique de Bâle (1431-1439), auquel Piccolomini avait assisté comme secrétaire du cardinal Domenico Capranica, a consolidé les conclusion de celui de Constance (1414-1418), qui avait mis fin au Grand Schisme d’Occident (1378-1417, v. note [67] du Faux Patiniana II‑5).

  3. Cologne, Gothardus Hittorpius, 1532, in‑8o de 190 pages, pour la première édition.

La citation peut être prise pour une maxime générale sur le travail de tout historien (avant-dernier des 72 chapitres, page 187) :

Mihi quid horum verius videatur non facile dixerim, neque certa pro incertis ausim affirmare. Aliorum dicta recenseo, et plura scribo quam credo.

[Je ne dirais par aisément ce qui me semble vrai de ces gens, et n’oserais affirmer des certitudes pour des incertitudes. Je recueille ce qu’on dit d’autres, et en écris plus que je n’en crois].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 20 mars 1654. Note 3

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(Consulté le 05.12.2022)

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