À Jan van Horne, le 18 juin 1668
Note [4]

« un cystotomiste parisien dénommé François Colot » : Guy Patin avait raison de préférer cystotomus à lithotomus et s’en expliquait. Il commentait ce passage sur la cystotomie (taille de la vessie, kustis en grec, et non de la pierre, lithos), aux pages 150‑151 de la Microtekne de Jan van Horne (1668) :

Quæcumque in prima hujus libelli editione retuli ex fide et relatu aliorum de dexteritate Lithotomi Nemausensis nomine Raoues, (quod scilicet ægros imponat femoribus sui famuli ; quod nullo alio instrumento utatur præterquam novacula ; quod impediat ingressum urinæ per vulnus ; quod ita sectionem instituat, ut labia vulneris cutanei, carnis musculosæ, et ipsius vesicæ, ad amussim sibi respondeant ; quod spatio quinque aut sex dierum ita vulnus noverit consolidare, ut possit quis urbem circumire ;) ea omnia fuisse imposturas, postea compertum est. Nam in generoso quodam viro, superficialem in perinæo sectionem fecit, supposititium autem calculum eidem exhibuit loco veri quo laborabat, et quem postea sibi adimi jussit ab alio Chirurgo. Is est Parisiensis Lithotomus, cui Collot nomen est, atavis editus lithotomis, qui satis feliciter in urbe Amstelædamensi quosdam secuit.

[Comme j’ai découvert par la suite, tout ce que j’ai relaté dans la première édition de cet opuscule, {a} sur la foi et le récit d’autrui, quant à la dextérité d’un lithotomiste de Nîmes, nommé Raoues, {b} est un tissu d’impostures : je disais qu’il plaçait les malades sur les cuisses de son serviteur, qu’il n’utilisait aucun instrument hormis un rasoir, qu’il empêchait l’issue d’urine par la plaie, qu’il pratiquait la section de sorte que les lèvres de l’incision cutanée, de la chair musculeuse et de la vessie elle-même répondaient exactement l’une à l’autre, qu’il savait ainsi obtenir la cicatrisation de la plaie en l’espace de cinq ou six jours, de sorte que le malade pouvait alors aller se promener par la ville. Le fait est que, chez un certain noble, il fit une incision superficielle du périnée, lui montra un calcul supposé, au lieu du véritable qui tourmentait le patient, qui jugea préférable de se le faire enlever par un autre chirurgien. Celui-là est un lithotomiste parisien qui se nomme Colot ; {c} il descend d’ancêtres lithotomistes et il a taillé quelques malades avec assez de bonheur à Amsterdam].


  1. Leyde, 1663, v. supra note [1].

  2. Sic pour Raoux, ou Raoul (v. notule {a}, note [1], lettre latine 402).

  3. Locution que Patin reprochait à van Horne, qui n’a rien changé à toute cette relation dans sa réédition de 1676 (pages 106‑107).

    V. note [17], lettre 455, pour François Colot et sa famille.


Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Jan van Horne, le 18 juin 1668. Note 4

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1484&cln=4

(Consulté le 01.12.2022)

Licence Creative Commons