À Charles Spon, le 26 février 1658
Note [42]

« on appelle ces vauriens Cingari [Tziganes] ».

Bohémien (Furetière) :

« se dit de certains gueux errants, vagabonds et libertins qui vivent de larcins, d’adresse et de filouteries, qui surtout font profession de dire la bonne aventure au peuple crédule et superstitieux. […] Borel dérive ce mot de boëm, vieux mot français qui signifiait ensorcelé ; mais Pasquier en rapporte l’origine, et dit que le 17 avril 1427 vinrent à Paris 12 penanciers, c’est-à-dire, pénitents, comme ils disaient, un duc, un comte et dix hommes à cheval, qui se qualifiaient chrétiens de la basse Égypte chassés par les Sarrasins, qui, étant venus vers le pape confesser leurs péchés, reçurent pour pénitence d’aller sept ans par le monde sans coucher en lit. Leur suite était d’environ 120 personnes, tant hommes que femmes et enfants, restant de 1 200 qu’ils étaient à leur départ. On les logea à La Chapelle où on les allait voir en foule. Ils avaient les oreilles percées où pendait une boucle d’argent. Leurs cheveux étaient très noirs et crêpés, leurs femmes très laides, sorcières, larronnesses et diseuses de bonne aventure. L’évêque les obligea à se retirer, et excommunia ceux qui leur avaient montré leurs mains. Par l’ordonnance des états d’Orléans de l’an 1560, il fut enjoint à tous ces imposteurs sous le nom de Bohémiens ou Égyptiens de vider du royaume à peine des galères. Raphaël Volaterran en fait mention, et dit que cette sorte de gens était extraite des Euxiens, peuples de la Perside qui se mêlaient de dire la bonne aventure. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 26 février 1658. Note 42

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(Consulté le 29.09.2022)

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