À Charles Spon, le 20 mars 1654
Note [6]

« comme la victime qu’on mène au sacrifice. »

Sans parler directement de ces arrestations d’épouses, Mme de Motteville (Mémoires, page 444‑445) a évoqué la méfiance de la reine à l’égard de la Cour :

« Une autre fois, le Parlement ayant résisté aux volontés du roi sur quelque règlement qui regardait la monnaie, le cardinal Mazarin, qui ne voulait point souffrir que cette Compagnie reprît des forces sur aucun chapitre, se résolut d’en exiler quelques-uns. On leur envoya commander de se retirer chacun au lieu qui leur fut ordonné. La reine n’était pas fâchée d’avoir un prétexte de mortifier un peu ceux du Parlement qui lui avaient donné de si mauvaises heures et de si mauvaises années. En entrant ce même jour-là dans sa chambre, elle me fit l’honneur, en me voyant, de s’approcher de moi et de me dire tout bas avec un visage riant : “ Madame, il y en a dix d’exilés ou de prisonniers. ” Je lui répondis de même, en riant : “ Votre Majesté est donc bien aise ? ” “ Je le suis, en vérité, me dit-elle, mais pas tout à fait, car je voudrais qu’on les mît tous à la Bastille ; et par la douceur ordinaire de M. le cardinal, il n’y en a qu’un. ” Ensuite, elle ajouta que si M. le premier président faisait le méchant, on le traiterait de la même sorte. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 20 mars 1654. Note 6

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(Consulté le 27.11.2022)

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