À André Falconet, le 21 février 1667
Note [6]

Le rapport de Louis xiv (Mémoires, pages 225‑226) diffère peu de celui de Guy Patin :

« Je crus aussi qu’il était de la police générale de mon royaume de diminuer ce grand nombre de religieux, dont la plupart, étant inutiles à l’Église, étaient onéreux à l’État. Dans cette pensée, je me persuadai que, comme rien ne contribuait tant à remplir les couvents que la facilité que l’on apportait à y recevoir les enfants de trop bonne heure, il serait bon de différer à l’avenir le temps des vœux ; qu’ainsi les esprits irrésolus, ne trouvant pas si tôt la porte des cloîtres ouverte, s’engageraient, en attendant, en quelque autre profession où ils serviraient le public ; que même la plus grande partie, se trouvant dans un établissement, {a} y demeurerait pour toujours et formerait de nouvelles familles dont l’État serait fortifié ; mais que l’Église même y trouverait son avantage, en ce que les particuliers, ne s’engageant plus dans les couvents sans avoir eu le loisir d’y bien penser, y vivraient avec plus d’exemple. Mon Conseil, auquel j’avais communiqué ce dessein, m’y avait plusieurs fois confirmé par ses suffrages ; mais sur le point de l’exécution, je fus arrêté par ces sentiments de respect que nous devons toujours avoir pour l’Église en ce qui est de sa véritable juridiction, et je résolus de ne déterminer ce point que de concert avec le pape. Et néanmoins, en attendant que je l’en eusse informé, je voulus empêcher le mal de croître par tous les moyens qui dépendaient de moi. Ainsi, je défendis tous les nouveaux établissements de monastères, je pourvus à la suppression de ceux qui s’étaient faits contre les formes et je fis agir mon procureur général pour régler le nombre de religieux que chaque couvent pouvait porter. »


  1. Une situation.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 21 février 1667. Note 6

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(Consulté le 13.11.2019)

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