Annexe : Deux lettres de Guy Patin à ses fils
Note [67]

Ventouser : appliquer des ventouses à un malade ; instrument de chirurgie, la ventouse est « un vaisseau ventru qu’on applique sur quelque partie pour attirer avec violence les humeurs du dedans au dehors. On en fait d’argent, de cuivre, de corne, de verre, de bois, de terre, etc. En un besoin on se peut servir d’un verre, d’un pot, etc. Il y en a de grandes, de moyennes et de petites ; on nomme celles-ci petits cornets. On les chauffe avec des étoupes, une bougie ou à la chandelle, et on les applique sur la partie malade, de laquelle elles attirent l’humeur quand elles sont refroidies, à cause de la condensation qui se fait de l’air qui y est enfermé. On s’en sert avec les scarifications aux défluxions [v. note [6], lettre 603] sur les yeux, et aux plaies venimeuses et bubons, pour attirer le venin et faire révulsion [v. note [8], lettre 673]. On les applique aux mamelles et aux cuisses pour arrêter ou provoquer les menstrues, et sur le nombril pour guérir la colique. Il y a aussi des cornets ou petites ventouses qui attirent sans feu par le moyen de la bouche appliquée à un petit trou qui est en haut, et en retirant son haleine » (Furetière).

Guy Patin ne devait pas beaucoup priser ce procédé de chirurgien : il n’en a parlé qu’une seule fois dans ses lettres (à Spon, le 26 juillet 1650), mais sans en avoir lui-même été le prescripteur ; sa présence ici, en si bonne compagnie (saigner, purger, régler la consommation de vin), surprend donc et pourrait même mener (comme d’autres indices) à douter que les Préceptes soient bien de sa plume.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Deux lettres de Guy Patin à ses fils. Note 67

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8003&cln=67

(Consulté le 23.10.2019)

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