À André Falconet, le 26 août 1660, note 8.
Note [8]

« dont le nombre est infini. »

Mme de Motteville (Mémoires, pages 499‑500) :

« Au commencement de septembre, {a} se fit à Paris l’entrée du roi et de la reine, qui, en attendant cette célèbre journée, étaient toujours demeurés à Vincennes. […] La reine était dans un char triomphant, plus beau que celui que l’on donne faussement au soleil ; et ses chevaux auraient emporté le prix de la beauté sur ceux de ce dieu de la fable. Cette princesse était habillée d’une robe noire en broderie d’or et d’argent avec quantité de pierreries d’une valeur inestimable. La couleur de ses cheveux argentés, et le blanc et l’incarnat de son teint, qui convenait au bleu de ses yeux, lui donnaient un éclat infini et sa beauté parut extraordinairement. Les peuples furent ravis de la voir, et transportés de leur joie et de leur amour, lui donnèrent mille et mille bénédictions. Le roi était tel que les poètes nous représentent ces hommes qu’ils ont divinisés : son habit était en broderie d’or et d’argent, aussi beau qu’il le devait être vu la dignité de celui qui le portait. Il était monté sur un cheval propre à la montrer à ses sujets, et suivi d’un grand nombre de princes et des plus grands seigneurs de son royaume. La grandeur qu’il faisait voir en sa personne le fit admirer de tous, et la paix qu’il venait de donner à la France, avec cette belle princesse qu’il leur donnait pour reine, renouvela dans les cœurs de ses peuples leur zèle et leur fidélité ; et tous ceux qui en ce jour purent le regarder s’estimèrent heureux de l’avoir pour leur roi et leur maître. La reine mère, {b} vit passer le roi et la reine par un balcon de la rue Saint-Antoine, {c} et sa joie se peut aisément deviner par toutes les choses que j’ai écrites. La reine d’Angleterre et la princesse sa fille étaient avec elle. » {d}


  1. Sic pour le 26 août.

  2. Anne d’Autriche était accompagnée du cardinal Mazarin.

  3. Actuel hôtel de Beauvais, au no 68 de la rue François-Miron, dans le ive arrondissement de Paris.

  4. V. note [11], lettre latine 143, pour une gravure qui a représenté ce somptueux cortège.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 26 août 1660, note 8.

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(Consulté le 17/04/2024)

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