À Adolf Vorst, le 3 janvier 1662
Note [8]

Le livre d’Hippocrate « sur les Flatulences » (ou les Vents) s’ouvre sur ces considérations générales (Littré Hip, volume 6, page 91) :

« Parmi les arts, il en est qui sont pénibles à ceux qui les possèdent, et bienfaisants à ceux qui en usent, source commune de bien pour les gens du monde, mais peine et mal pour les gens du métier. De ce genre est l’art que les Grecs nomment médecine. Le médecin a la vue attristée, le toucher offensé, et dans les malheurs d’autrui son cœur est blessé de chagrins particuliers, tandis que les patients échappent, par l’entremise de l’art, aux maux les plus grands, maladies, souffrances, peines, mort ; car c’est contre tous ces maux que la médecine offre des secours. »

Une idée proche se trouve dans l’adage no 2453 d’Érasme intitulé Patrocli occasio [L’Occasion de Patrocle] :

Diogenianus ostendit dici solere de iis, qui, cum ob metum non ausint proprias deplorare calamitates, deflent eas sub prætextu luctus alieni.

[Selon Diogénien, {a} cela se dit de ceux qui, par crainte, n’osent se plaindre de leurs propres malheurs, mais les déplorent sous le prétexte du chagrin d’autrui]. {b}


  1. Grammairien grec d’Héraclée du Pont au iie s.

  2. Guy Patin trouvait donc ici une source hippocratique originale, mais plausible, aux propos d’Érasme.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Adolf Vorst, le 3 janvier 1662. Note 8

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(Consulté le 21.11.2019)

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