À Charles Spon, le 2 septembre 1644
Note [9]

Rhumatisme : « grande fluxion qui se jette sur diverses parties du corps et qui va de l’une à l’autre : il a un rhumatisme sur l’épaule ; il lui est tombé un rhumatisme sur les cuisses, sur les jambes, sur la moitié du corps » (Furetière).

Sans être beaucoup plus clair, le Dictionnaire de Trévoux est plus disert : « Le rhumatisme a beaucoup de rapport avec la goutte et c’est pour cela que quelques-uns l’appellent goutte universelle ; il en diffère en ce qu’il n’attaque pas seulement les jointures comme la goutte, mais aussi les muscles et les membranes qui sont entre les jointures. Le rhumatisme est une maladie fâcheuse et longue. Ceux qui en sont atteints ne peuvent souvent se remuer qu’ils ne sentent des douleurs violentes. Il est produit par une sérosité âcre qui se jette sur les parties sensibles et qui en les picotant, y excite de la douleur. Le froid externe auquel on s’expose tout à coup après s’être trop échauffé en est une cause extérieure et la plus ordinaire. »

Dans les lettres de Guy Patin, toute douleur s’attachant plus ou moins nettement aux diverses parties du squelette pouvait prendre le nom de rhumatisme externe ; le rhumatisme interne était une douleur thoracique vive et subite qui s’accompagnait souvent d’étouffement, et qui aurait pu correspondre à la douleur (dite angineuse) de l’infarctus du myocarde.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 2 septembre 1644. Note 9

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(Consulté le 12.05.2021)

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