À Charles Spon, le 24 mars 1648
Note [9]

L’un des mémoires pour la défense de La Mothe-Houdancourt, alors emprisonné à Lyon pour prévarication et fuite devant l’ennemi (v. note [10], lettre 115), est intitulé Troisième factum pour le Maréchal Philippe de La Mothe-Houdancourt, vice-roi de Catalogne, prisonnier à Pierre-Ancise et depuis à l’Arsenal de Grenoble, contre M. le procureur général de cette ville (31 décembre 1647, signé Le Tellier) (Lyon, André Laurens, 1647, in‑4o).

Celui-là et quatre autres ont été réédités en février 1649, avec autorisation du Parlement de Paris, pendant le siège de Paris :

  • Premier factum, ou défenses de Messire Philippe de La Mothe-Houdancourt, duc de Cardone et maréchal de France, ci-devant vice-roi et capitaine général en Catalogne, avec plusieurs requêtes, arrêts et autres actes sur ce intervenus, tant au Conseil qu’ailleurs (Paris, Louis Sevestre, 1649, in‑4o de 40 pages), sous-titré Factum pour Messire Philippe de La Mothe-Houdancourt… contre Monsieur le procureur général du roi au parlement de Grenoble ; privilège daté du 6 février 1649 ;

  • Second factum… (Paris, Louis Sevestre, 1649, in‑4o de 64 pages), même sous-titre, sans privilège daté ;

  • Troisième factum… (Paris, Louis Sevestre, 1649, in‑4o de 70 pages), même sous-titre, privilège daté du 26 février 1649 ;

  • Quatrième factum… (Paris, Louis Sevestre, 1649, in‑4o de 84 pages), sous-titré Au roi et nos seigneurs de son Conseil, sans privilège daté ;

  • Cinquième factum pour Messire Philippe de La Mothe-Houdancourt, duc de Cardone et maréchal de France, contenant les injustes et extraordinaires procédures faites contre lui, par les artifices du cardinal Mazarin (Paris, Louis Sevestre, 1649, in‑4o de 36 pages), sans privilège daté.

Le ton de ce dernier est celui d’une mazarinade, avec cet épilogue :

« On voit au présent factum comme cette obligeante vertu a peu paru dans toutes les procédures de M. le Cardinal, {a} lesquelles ont été si violentes que si les juges eussent suivi les sentiments dits et écrits par M. Le Tellier, M. le maréchal ne serait plus en état de servir son pays. Mondit sieur Le Tellier tenait sa ruine si assurée que, voulant avoir part à ses dépouilles, il démembra le marquisat de Paillas du duché de Cardone {b} pour en gratifier le sieur de Fimarcon Tilladet, {c} son allié. Que si Messieurs du Parlement de Paris traitaient à présent le cardinal, Le Tellier et leurs adhérents de la sorte, difficilement leur innocence se trouverait-elle à l’épreuve qu’a été celle de M. le maréchal de La Mothe. Jamais il n’y a eu passion si visible que celle qu’ils ont fait paraître pour rendre ce gentilhomme malheureux, jusqu’à préjudicier {d} au service du roi. Il avait toujours heureusement servi la France jusqu’au commencement de leur ministériat. Et on peut dire qu’il a toujours si noblement et si généreusement fait la guerre, et si équitablement gouverné des peuples étrangers nouvellement soumis que, nonobstant leurs injustes procédures, l’Histoire ne laissera pas quelque jour de former sur lui l’Idée et le Modèle d’un vice-roi et lieutenant général d’un monarque conquérant. »


  1. Mazarin.

  2. Cardona en Catalogne.

  3. Jean-Jacques de Cassagnet-Tilladet, marquis de Fimarcon.

  4. Nuire.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 24 mars 1648. Note 9

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(Consulté le 07.08.2020)

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