Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 1 manuscrit
Note [49]

  • Pour l’Atlanticum, le Borboniana ne se référait pas directement à Platon, mais à Pline (Histoire naturelle, livre ii, chapitre xcii, Littré Pli, volume 1, page 140) :

    In totum abstulit terras : primum omnium, ubi Atlanticum mare est, si Platoni credimus, immenso spatio.

    « La mer a englouti des terres entières : d’abord celle où est maintenant l’océan Atlantique, continent immense qui a disparu, si nous en croyons Platon. » {a}


    1. Platon a décrit l’Atlantide dans deux de ses dialogues : Timée et Critias.

  • Pour La Sagesse de Pierre Charron (Bordeaux, 1601, v. note [9], lettre latine 421), voici ce qu’en disent les pages 314‑315 :

    « Platon dit que ceux de la ville de Saïs {a} avaient des mémoires par écrit de huit mille ans, et que la ville d’Athènes fut bâtie mille ans avant ladite ville de Saïs. Aristote, Pline et autres ont dit que Zoroastre vivait six mille ans avant l’âge de Platon. {b} Aucuns ont dit que le monde est de toute éternité, mortel et renaissant à plusieurs vicissitudes ; d’autres, et les plus nobles philosophes, ont tenu le monde pour un Dieu fait par un autre Dieu plus grand ; ou bien, comme Platon assure, et autres, et y a très grande apparence en ses mouvements, que c’est un animal composé de corps et d’esprit ; lequel esprit, logeant en son centre, s’épand par nombres de musique en sa circonférence, et ses pièces aussi, le ciel, les étoiles composées de corps et d’âme, mortelles à cause de leur composition, immortelles par la détermination du créateur. Platon dit que le monde change de visage en tous sens : que le ciel, les étoiles, le soleil changent et renversent parfois leur mouvement, tellement que le devant devient le derrière, l’Orient se fait Occident. Et selon l’opinion ancienne fort authentique, et des plus fameux esprits, digne de la grandeur de Dieu et bien fondée en raison, il y a plusieurs mondes, d’autant qu’il n’y a rien un et seul en ce monde : toutes espèces sont multipliées en nombre ; par où semble n’être pas vraisemblable que Dieu ait fait ce seul ouvrage sans compagnon, et que tout soit épuisé en cet individu. »


    1. V. notule {a}, note [8], lettre latine 7.

    2. Zoroastre (Trévoux) : « célèbre législateur des anciens Perses. Il disait avoir un génie familier qui lui dictait les lois qu’il proposait ensuite aux peuples. C’est lui qui avait déterminé le culte qu’on devait rendre au Soleil et aux astres. » Ce culte, fondé sur l’astrologie, porte le nom de zoroastrisme. Selon les historiens modernes, ce prophète prébiblique, en grande partie fabuleux, aurait vécu entre les xve et xie s. av. J.‑C. Philosophe tout à fait incontestable, quant à lui, Platon est mort au ive s. av. J.‑C.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 1 manuscrit. Note 49

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(Consulté le 27.11.2022)

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