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À Hugues de Salins, le 12 février 1657

Monsieur, [a][1]

Je vous écrivis il y a environ dix jours par la voie de M. de La Ville, [2] avocat, et maintenant je vous envoie le Selecta medica de Vander Linden, [3] que je vous ai promis et que je vous supplie d’avoir agréable. Ce livre a du sens et du sang aux ongles. [1] J’y ai ajouté quelques thèses ; [4] environ Pâques, nous en aurons d’autres que je délivrerai à celui que m’adresserez.

Mme la duchesse de Mercœur, [5] nièce [6] de Son Éminence, [7] est allée chercher sa mère, Mme de Mancini, [8] en l’autre monde. Elle était en couche, elle sentit quelque refroidissement en son bras gauche qui se communiqua à la cuisse ; les médecins de la cour y appelés lui donnèrent aussitôt vinum venenatum ex stibio emeticum, ex cuius tertia dosi infelicem animam efflavit, ann. æt. 21[2][9][10] Jugez par là de la capacité de ces médecins courtisans, hominum genus admodum ignarum [3] qui donnent de l’antimoine à une jeune dame en couche pour être menacée de paralysie. Les bonnes gens disent que c’est le chapelet qui se défile, mais l’on ne sait pas quand le gros Pater tombera. [4] Il n’y a ici rien de nouveau digne de vous être mandé, je vous baise les mains, et à mademoiselle votre femme, et à Messieurs vos père et frère, et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce lundi 12e de février 1657.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Hugues de Salins à Guy Patin, le 12 février 1657.
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(Consulté le 11.04.2021)

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