L. 561.  >
À André Falconet,
le 2 mai 1659

Monsieur, [a][1]

Je voudrais bien avoir quelque bonne nouvelle digne de vous être mandée. On dit seulement que dans huit jours on publiera une surséance d’armes. [1] On fait marcher quelques troupes vers la frontière pour l’exécution de la paix. [2] Le duc d’Orléans [3] et le cardinal Mazarin [4] ont tous deux la goutte. [5][6] On dit que le roi [7] sortira de Paris vers le 28e de ce mois, on parle de Fontainebleau, [8] de Compiègne, [9] d’Amiens, [10] mais tout cela est incertain. [2]

M. Troisdames [11] m’a parlé de M. Chanlate, [12] et m’a prié de vous mander qu’il voudrait bien qu’il prît des eaux de Saint-Myon, [13] que l’on pourrait faire apporter d’Auvergne à Lyon, où il les prendrait sans sortir de sa maison. Je lui ai promis de vous le mander et de vous prier d’y penser. Il dit que le voyage de Bourbon [14] est trop long, il en parle comme Galien [15] dit que Thucydide [16] a décrit la peste [17] d’Athènes, tanquam idiota, sed non tanquam artifex idoneus, et peritus medicus[3]

Voilà Noël Falconet [18] qui étudie auprès de moi, comme faisait Scipion [19] auprès d’Ennius qui, teste Claudiano[20][21]

Hærebat doctus lateri, castrisque solebat
Omnibus in medias Ennius ire tubas
[4]

Det Dominus meliora, et quod est apud Sallustium, ei bene facere ex consuetudine in naturam vertat[5][22] Je vous prie de faire mes recommandations à Mme Falconet. Je vous baise les mains et suis de tout mon cœur votre, etc.

De Paris, ce 2d de mai 1659.



Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 2 mai 1659

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(Consulté le 24/02/2024)

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