À Claude II Belin, le 28 octobre 1631

Note [13]

« jamais un pourceau n’en remontrera à Minerve » : un élève ne peut pas donner de leçons à son maître.

Claude ii Belin avait employé ce proverbe latin, sus Minervam pour morfondre Guy Patin en l’accusant d’impertinence à son égard (et à celui de Fernel) sur le sujet des qualités occultes (v. note [7], lettre 3). Érasme l’a commenté (Adages, no 40) :

Tristissimum apud Latinos auctores adagium, υς την αθηναν, i. Sus Minervam, subaudiendum, docet aut monet, dici solitum, quoties indoctus quispiam, atque insulsus eum docere conatur, a quo sit ipse magis docendus ; aut, ut Festi Pompeii verbis utamur, cum quis id docet alterum, cuius ipse est inscius.

[Un pourceau, sous-entendu, donne la leçon ou en remontre à Minerve. C’est le plus amer adage qu’on trouve chez les auteurs latins. On a l’habitude de le dire chaque fois que quelque insipide ignare entreprend d’instruire celui qui pourrait lui en apprendre infiniment plus ; ou, pour employer les mots de Festus Pompeius, quand quelqu’un enseigne à un autre ce dont lui-même est ignorant]. {a}


  1. V. note [4], lettre de Charles Spon, datée du 13 août 1657, pour un autre équivalent grec.

Cicéron a prisé l’expression :

Minerve (Pallas ou Athéna des Grecs) est la « déesse de la sagesse et des arts, la seule des enfants de Jupiter, qui ait mérité de participer aux prérogatives attachées au rang suprême de la divinité. […] En effet, quand les mythologistes nous disent qu’elle était née de Jupiter sans le secours d’une mère, cela signifie que Minerve n’était autre chose que la vertu, la sagesse, le conseil du souverain maître des dieux » (L’Encyclopédie).

On dit « parler latin devant les cordeliers, pour dire vouloir faire parade de sa science devant ceux qui en savent davantage, ce qui répond au proverbe latin, Sus docet Minervam » (Furetière).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Claude II Belin, le 28 octobre 1631, note 13.
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(Consulté le 04.08.2021)

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