L. 44.  >
À Claude II Belin,
le 27 novembre 1638

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Monsieur, [a][1]

Je sais si bien que je suis criminellement coupable d’avoir été si longtemps sans vous écrire que j’ai bien peur de n’en pouvoir obtenir pardon. Je l’espère néanmoins et le désire bien fort, nec plura loquendo[1] je crois déjà le tenir. Hac igitur præfata venia[2] je vous dirai que je ferai ce que je pourrai à M. Sorel, [2] votre beau-frère, des études et des mœurs duquel j’ai très bonne espérance. Je lui ai rendu votre Bellum d’Érasme, [3][4] au commencement duquel j’ai marqué ce qui en est : optimum opusculum, et lectu dignissimum[3] Ma femme [5] baise les mains à vous et à Mme Belin, [6] et la remercie de son passement, [7] qui est ici défendu depuis 15 jours. [4] Je vous prie de dire à M. Allen [8] que je le remercie de son Éloge de Pithou[9] par Mercerus, [5][10] et qu’il ne m’épargne pas de deçà si je le puis servir, que je l’en supplie bien humblement. S’il veut un Pomponace, [6][11] je tâcherai de lui en recouvrer un. Deux ou trois loyolites [12] ont ici fait quelques vers sur la naissance de M. le Dauphin, et peu d’autres. Il me semble que toute l’Académie devait s’employer à louer Dieu de cette naissance, [13] je ne sais pourquoi elle est si froidement chantée, [14] je pense que le mauvais temps en est cause, usque adeo turbatur ubique[7] Je vous envoie l’antidotaire [15] que notre doyen [16] a fait imprimer, etiam invitis diis[8][17] Vous y verrez au commencement le catalogue de nos docteurs vivants, [18] combien que la plupart ne l’approuvent pas. Tâchez d’en faire votre profit. La reine mère [19] est en Angleterre, et M. de La Valette [20] aussi. [9] On attend ici de bonnes nouvelles de Brisach. [10][21] Plût à Dieu que nous tinssions le roi de Hongrie, [22][23] et 15 jours après une bonne paix. [11] On imprime ici toutes les œuvres de Sennertus [24] en trois volumes in‑fo[12][25] Je vous prie de me conserver en vos bonnes grâces et de Mme Belin, comme aussi de Messieurs vos frères, et de croire que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Patin.

De Paris, ce 27e de novembre 1638.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 27 novembre 1638

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(Consulté le 15.09.2019)