À Charles Spon, le 21 avril 1643

Note [17]

Επικρασις vindicata, seu de vera et genuina επικρασεως significatione Dissertatio. Auctore Jacobo Mantel, doctore medico Parisiensi [L’Épicrase justifiée, ou Dissertation sur la signification véritable et authentique de l’épicrase. Par Jacques Mentel (v. note [6], lettre 14), docteur en médecine de Paris] (sans lieu ni nom, 1642, in‑4o). C’est une épître de 41 pages, datée de Paris le 22 août 1642, que Mentel adressait à son collègue Victor Pallu (v. note [54], lettre 229). L’ouvrage est dédié à Guy Patin :

Sapientiss. clarissimoq. viro Guidoni Patin, doctori medico Parisiensi et Scholarum dignissimo censori, Iacobus Mantellus.

Quæ ex Spicilegiis meis de επικρασει delibata nuper habueram cum Palludo nostro homine quam docto privatim, ea nunc publice, Vir Præstantissime, do tibi dedicoque : non quod aut Te (qui tute es Homericus ipse Medicus περι παντων ανθρωπων επισταμενος) digna putem, aut Prælo qualicumque : sed ut mutuæ inter nos eiusque veteris amicitiæ non nullo in posterum monimento extent ; ac pluribus etiam compareat me illos qui raram exprimunt antiquæ probitatis cum eruditione mixturam, ut facis mirifice, sibi semper obnoxium mancipare. Quin et siquibus nominibus Typorum gratiam emererentur : in eo tibi merito iure addicuntur, quod Galeni atque adeo Scholæ nostræ Parisiensis (cuius es Censor renuntiatus cum omnium adplausu postremis comitiis) doctrinam videantur asserere. Vale.

[Jacques Mentel au très sage et très brillant Guy Patin, docteur en médecine de Paris et très digne censeur des Écoles.

Homme très éminent, ces extraits de mes spiciléges {a} sur l’épicrase, je les avais récemment partagés en privé avec Pallu, notre si docte ami. Maintenant je vous les donne et les dédie publiquement. Non que je les juge dignes ou de vous (vous qui personnifiez le médecin d’Homère qui a la connaissance au-dessus de tous les hommes), ou de quelque presse d’imprimerie que ce soit, mais pour qu’ils se montrent à la postérité comme quelque souvenir de la vieille amitié qui nous lie l’un à l’autre, et même que le plus grand nombre sache qu’il est toujours dangereux de s’aliéner ceux qui expriment le rare mélange de l’antique probité et de l’érudition, comme vous le faites magnifiquement. Et si, pour ces raisons, ils ont mérité la faveur d’être imprimés, ils vous sont dédiés parce qu’ils sont à regarder comme la défense de la doctrine de Galien et bien plus encore, de celle de notre École de Paris (dont vous avez été proclamé censeur lors de la dernière assemblée avec applaudissements unanimes). Salut].


  1. Spicilége : « recueil ou glane d’épis ; titre de quelques collections de pièces, d’actes et autres monuments qui n’avaient jamais été imprimés » (Littré DLF).

Dans la médecine humoriste, la cure par épicrase (du grec επικρασις, action de tempérer) était un « mode de traitement par des remèdes auxquels on supposait la propriété de corriger peu à peu les humeurs viciées » (Littré DLF).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 21 avril 1643, note 17.
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(Consulté le 13.05.2021)

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