À Charles Spon, le 13 juillet 1649

Note [24]

« Manuel médical, ou trois livres sur la nature et le traitement des maladies internes où, à partir d’une excellente règle de vie et de remèdes peu nombreux mais éprouvés et choisis, notamment l’habile emploi des secours les plus éminents que sont la saignée et la purge, les philiatres sont menés par la main et rappelés à la méthode légitime et facile de bien remédier, en quelque sorte vers la source véritable de la médecine la plus sacrée et la plus pure ; illustrés par certaines observations rares et par des exemples, avec en même temps une censure de quelques remèdes arabes, chimiques, indiens, futiles et simplement inutiles au salut des malades, qui ne sont qu’à tenir pour inventions de parfumeurs [v. note [6] de la lettre de Thomas Bartholin le 17 juillet 1647] avides de s’enrichir. Je travaille pour le profit de ceux qui viendront après moi : c’est pour eux que je rédige quelques ouvrages qui pourraient bien leur être utiles ; de salutaires avertissements, comme des compositions de médicaments utiles, que je confie au papier pour en avoir éprouvé l’efficacité dans de multiples maladies ; le droit chemin, que j’ai enfin reconnu, je l’indique aux autres. Sénèque. »

Cette « méthode particulière » en trois livres ne parut jamais, ni sous ce long titre ni sous quelque autre que ce soit. Les mots de la fin que Guy Patin y empruntait à Sénèque (Lettres à Lucilius, livre i, lettre viii, § 2‑3) ne diffèrent légèrement de leur source, et ont un sens personnel et moral :

Posterorum negotium ago. Illis aliqua quæ possint prodesse conscribo ; salutares admonitiones, velut medicamentorum utilium compositiones, litteris mando, esse illas efficaces in meis ulceribus expertus, quæ etiam si persanata non sunt, serpere desierunt. Rectum iter, quod sero cognovi et lassus errando, aliis monstro.

[Je travaille pour le profit de ceux qui viendront après moi ; c’est pour eux que je rédige quelques ouvrages qui pourraient bien leur être utiles ; de salutaires avertissements, comme des compositions de médicaments utiles, que je confie au papier pour en avoir éprouvé l’efficacité sur mes propres plaies ; car, si la guérison n’a pas été complète, le mal a cessé de s’étendre. Le droit chemin, que j’ai reconnu tard et lorsque j’étais las d’errer, je l’indique aux autres].


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 13 juillet 1649, note 24.
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(Consulté le 06.03.2021)

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