De Charles Spon, le 12 février 1658

Note [4]

« même nous, les pommes, nous nageons. »

Ce proverbe se lit au début du chapitre xiii (livre ii) des Aventures du baron de Fæneste de Théodore Agrippa d’Aubigné (v. note [26], lettre 97), intitulé Du Maréchal de Fervaques et des clercs du Palais :

« Enay. Comment est-ce que le maréchal, avec qui vous avez eu tant de privauté, ne vous a avancé ?
Fæneste. Oi, vien, privauté, oi !… si vien qu’un embius, comme ye contois que lui et moi abions fait quauque chause, me respond : Etiam nos poma natamus.

Enay. C’est un emblème d’une maison tombée dans l’eau, là où les étrons allant à nage avec les pommes disent ce mot ; et les ruines des grandes maisons font nager les excréments les plus vils avec les meilleurs fruits. Cela serait bon pour les champignons de ce temps, et non pas pour vous.
Fæneste. Si lors ye l’eusse entendu, il y eusse eu de l’asne… Ye recevois tousjours quauque affront abec ces Nourmans. » {a}


  1. « Toutes les fois que le lecteur serait embarrassé par l’orthographe inusitée d’un mot, en le prononçant tout haut avec l’accent du Midi, il en trouvera sans doute le sens » (Prosper Mérimée, éditeur de l’ouvrage en 1855).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 12 février 1658, note 4.
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(Consulté le 06.03.2021)

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