L. 355.  >
À André Falconet,
le 16 juin 1654

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Monsieur, [a][1]

Ne vous mettez pas en peine de M. Choulier, [2] il est, Dieu merci, en bonne santé ; vous en pouvez assurer Messieurs ses parents. Il est vrai qu’il a eu une rechute, de laquelle l’ayant traité, après qu’il a été bien purgé[3] je lui ai conseillé une chose qu’il a bien envie de faire, qui était de changer d’air ; et comme il était en peine du lieu, je lui ai donné ma maison qui est à trois lieues d’ici, savoir à Cormeilles-en-Parisis, [4] une petite lieue par delà d’Argenteuil, [5] où il peut respirer un air très pur et où il y a une vue de plus de 50 lieues à la ronde. Le jardin et les allées y sont belles, qui vont jusque sur la montagne. [1] Nous y avons aussi force cerisiers, desquels il peut cueillir les cerises à mesure qu’elles mûriront, et les fraises pareillement. Il y a beaucoup d’autres fruits, mais la saison n’en est pas encore venue. Sa rechute ne lui est arrivée que par sa faiblesse naturelle (car il n’est pas si fort que la plupart de vos autres Lyonnais qui viennent ici tous les ans) et de plus, satis caute sibi non prospexit[2] Vous savez comment les jeunes gens se laissent emporter faute de prudence et n’observent pas exactement l’aphorisme d’Hippocrate [6] du 6e des Épidémies : Labor, cibus, potus, somnus, etc. παντα μετρια. Scis quid velim : Supprimit orator quæ rusticus edit inepte ; [3][7] mais je vous assure qu’il est de présent fort bien. Je l’y ai été voir moi-même une fois afin de le confirmer, [4] bien que je n’aie point de loisir de m’échapper d’ici, et je ne fus que demi-heure avec lui. Je lui ai envoyé des livres tels qu’il a désirés pour se divertir et depuis quatre jours, ma femme y est allée avec deux de mes fils qui lui feront en quelque façon compagnie, avec un mien beau-frère. Bref, n’en soyez pas en peine, il est fort bien mais il faut qu’il soit sage à l’avenir, de peur de retomber malade.

Le roi [8] va à Châlons-sur-Marne. [9] On fait un parlement nouveau à Limoges. [5][10] L’Espagnol et le prince de Condé [11] ne font rien. On dit aussi que le roi va assiéger Clermont. [12] Je me recommande à vos bonnes grâces et suis, Monsieur, votre, etc.

De Paris, ce 16e de juin 1654.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 16 juin 1654

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(Consulté le 20.11.2019)