L. 923.  >
À André Falconet,
le 23 septembre 1667

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Monsieur, [a][1]

< Ce 21e de septembre. > M. le maréchal de Turenne [2] a défait 800 hommes de la garnison de Cambrai, [3] dont la plupart sont demeurés sur la place. Cette nouvelle est ici arrivée fort vite, et est confirmée par les lettres qui sont aujourd’hui arrivées de Lille [4] et d’Arras. [5] Ceux de la Franche-Comté [6] de Bourgogne ont voulu se mettre sous la protection des Suisses, sous la qualité d’un nouveau canton de nouvelle alliance ; mais le roi, [7] qui prétend avoir droit sur la Bourgogne Comté, l’a empêché. [1] Les Hollandais sont malcontents de nous, non pas pour les conquêtes que le roi a faites jusqu’ici en Flandres [8] ni pour d’autres qu’il pourra encore faire l’an prochain, mais à l’égard d’Ostende [9] et d’Anvers, [10] à la prise desquelles ils disent qu’ils ne peuvent consentir pour l’intérêt particulier qu’ils y ont. On croit qu’il y a beaucoup de villes en Flandres qui seront obligées de se rendre sans coup férir et sans canon pour éviter diverses incommodités qu’autrement ils souffriront par l’interdiction du commerce, par nos soldats, par leurs garnisons et les contributions qu’ils seront obligés de payer. [2]

M. le maréchal de Turenne [11] a mis le siège devant Alost [12] où les Espagnols avaient mis 1 500 hommes. [3] Il y a chez M. le premier président [13] grande réjouissance : Mme la comtesse de Broglio, [14] fille aînée, est accouchée d’un fils [15] dont il est parrain ; [4] il est revenu tout exprès de sa maison des champs qui est Bâville, [16] entre Étampes [17] et Dourdan. [18] M. le président de Champlâtreux [19] est ici fort malade d’une inflammation de poumon. Le fils unique de M. de Bartillat, [20] gendre de M. de Montmor, [21] doyen des maîtres des requêtes, a été blessé d’un coup de mousquet devant Alost. [5] J’apprends qu’elle s’est rendue et qu’on la va fortifier pour être par ce moyen maîtres de la campagne devers Bruxelles, [22] qui n’en est qu’à six lieues. On parle aussi d’un traité de paix avec l’Espagne et que le pape [23] envoie exprès en France le cardinal Visconti, [6][24] mais il vient d’arriver un nouveau désordre à Rome entre les deux ambassadeurs, par la faute de celui d’Espagne. Ces gens-là ressemblent aux gueux, qui sont d’autant plus glorieux et insupportables qu’ils sont abattus. Notre ambassadeur en Espagne, savoir M. l’archevêque d’Embrun, [25][26] est ici de retour. [7] J’ai belle peur que nous n’ayons la guerre pour longtemps, tant en Flandres [27] qu’en Catalogne ; [28] et d’ailleurs, et si cela est, o miseram Galliam ! [8] ô pauvre peuple, que tu souffriras ! On dit aussi que la Chambre de justice [29] finira à la Saint-Martin, mais il y a de quoi douter de cela si la guerre dure car il faudra trouver de l’argent pour payer les officiers[9] Je vous baise les mains et suis de tout mon cœur votre, etc.

De Paris, ce 23e de septembre 1667.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 23 septembre 1667

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(Consulté le 22.10.2019)