L. 978.  >
À André Falconet,
le 20 mars 1670

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Monsieur, [a][1]

Ma dernière n’a été qu’un pot-pourri de plusieurs nouvelles mal agencées, j’espère que celle-ci sera un peu plus régulière. On me vient d’apprendre les deux vers qui suivent sur la fortune du roi de Pologne [2] qui, de jésuite, est devenu roi, et de roi, abbé de Saint-Germain-des-Prés [3][4] où il vit aujourd’hui avec les moines [5] qui sont bien plus fins que lui :

De monacho regem, monachum de rege Polono :
Hæc sunt Casimiræ fortia gesta domus
[1]

Je traite ici un honnête homme de Lyon nommé M. Rémy [6] qui est dangereusement malade de la double maladie que quelques anatomistes et médecins italiens ont fort proprement appelée pleuroperipneumonia[2][7] inflammation de la plèvre et du poumon. On lui a déjà ouvert la veine plusieurs fois, [8] mais on ne lui a pas tiré une goutte de sang, mais seulement de la pourriture et de la boue. J’y ai fait encore appeler M. Blondel [9] qui n’en a pas bonne opinion, non plus que moi. Néanmoins, Dieu est sur tout, [3] les prédictions des médecins ne sont pas des arrêts d’un prévôt. Le malade est un homme chaud et violent qui a encore de la vigueur, sur quoi je fonde ce que j’en espère de reste. On dit que quelques cardinaux se sont battus dans le conclave ; [10] si cela est vrai, ne peut-on pas appeler cela faire un pape à coups de poing ? [4] Vale.

De Paris, ce 20e de mars 1670.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 20 mars 1670

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(Consulté le 16.11.2019)