L. latine 144.  >
À Christiaen Utenbogard,
le 12 octobre 1660

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[Ms BIU Santé 2007, fo 88 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Christiaen Utenbogard, docteur en médecine à Utrecht. [a][1]

Le 20e de mai, par l’intermédiaire de M. Alexandre More, [2] j’ai reçu votre lettre datée du 25e d’avril de cette année. Depuis lors, je n’ai pas cessé d’attendre ce paquet de livres que vous me promettez. Pour en avoir des nouvelles, je suis allé voir M. More qui habite chez M. Tallenan : [1] ils traînent encore en chemin et on n’en a eu ni nouvelles, ni avis. Je vous écris donc pour vous mander que je n’ai encore rien reçu et que vous avertissiez votre marchand d’Amsterdam, afin qu’il pense à ces livres et que, si possible, ils ne se perdent pas, faute d’attention. Mais en attendant, je vous remercie énormément pour les admirables présents que vous me faites et suis disposé à vous rendre la pareille de la manière que vous voudrez. Cromwell et le roi de Suède s’en sont allés dans l’au-delà pour la très grande joie de presque tout le monde, et je m’en réjouis aussi. [3][4] Le décès du Suédois a mis fin à la guerre danoise ; mais en mourant, Cromwell a laissé la place vide au nouveau roi d’Angleterre, qui a été heureusement rétabli dans le droit de ses pères sur la terre de ses ancêtres ; [5] ce que Dieu veuille faire durer longtemps sans guerre ni sang car, depuis longtemps déjà, j’ai constaté que les Anglais sont de cruels et féroces gens.

Je souhaite pleine félicité à notre ambassadeur chez vous, le très éminent et très noble M. de Thou, ainsi qu’à toute sa famille, en particulier à Madame son épouse et à ses très doux enfants. [2][6][7] Notre roi a fait son entrée dans notre ville le 26e d’août avec pompe solennelle, cortège de toute la cour et immense réjouissance de la ville la plus peuplée d’Europe. [8] Depuis deux mois, notre Mazarin est ici persécuté par les très éprouvantes et très cruelles tortures de la goutte. On dit qu’il se porte un peu mieux, mais ceux qui s’y connaissent pensent qu’il ne survivra pas longtemps, en raison de ses forces profondément amoindries et d’une indisposition des intestins. [3][9][10]

[Ms BIU Santé 2007, fo 89 ro | LAT | IMG]

On attend bientôt l’arrivée de vos ambassadeurs, en particulier celui qui s’appelle M. Boreel,  car son ministre de la divine Parole, M. Lootius, professeur à Leyde, qui vous remettra la présente,  m’apportera un paquet de livres que m’envoie M. Vander Linden. [4][11][12][13] M. Joncquet, notre collègue, vous salue et vous remercie de votre bon souvenir. [14] Nous n’avons ici rien de nouveau, hormis la Cl. Salmasij Responsionem ad Miltonem[15][16] À Lyon, on imprime le Cardan en dix tomes in‑fo, qui doit être fini dans l’année. [17] Le mois prochain paraîtront les Quæstiones medico-legales de P. Zacchias, médecin de Rome récemment décédé, en 2 tomes in‑fo, dont le premier sera une augmentation de l’édition d’Amsterdam et d’Avignon, mais le second sera entièrement nouveau. [5][18] Paraîtront aussi à Genève les Theses Sedanenses, livre de théologie qui n’est rien d’autre que la réunion de nombreuses thèses écrites par Pierre Du Moulin, Rambour, Cappel et autres théologiens réformés. [6][19][20][21][22] Je salue de tout cœur nos amis de chez vous, et en particulier MM. Æmilius, van Diemerbroeck, Schoock, Canter et Regius ; [23][24][25][26][27] mais vous, étoile des amis, vivez et portez-vous bien.

De Paris, ce 12e d’octobre 1660.

Votre Guy Patin, de tout cœur.


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Licence Creative Commons "Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 12 octobre 1660

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(Consulté le 10.12.2019)