À Charles Spon, le 18 juin 1658
Note [1]

« On appelle un homme de remarque celui qui est fort distingué des autres par sa naissance, sa qualité, son courage ou son savoir » (Furetière).

Le soulèvement des sabotiers de Sologne (avril-août 1658) fut la plus dramatique des révoltes antifiscales du xviie s. en France. Ces paysans (qui portaient des sabots) réclamaient que le poids des tailles ne fût pas accru par le refus des mauvaises monnaies de cuivre (liards) qui aboutissaient dans les seules poches des campagnards. Le mouvement trouva un soutien dans la noblesse locale, encore échauffée par les dernières braises de la guerre civile.

Ce qu’on a appelé la troisième Fronde (1653-1659) fut le fait de gentilshommes campagnards déçus mais non résignés à se soumettre à l’autorité mazarine. Remués en sous-main par Condé, ils « imaginèrent alors des sortes de réunions provinciales, que la méfiance royale poussa à la clandestinité. Ce furent les “ conspirations des forêts ” » (Goubert, pages 315-319). Réprimer les sabotiers, c’était prouver la pleine autorité royale en remettant au pas et le petit peuple et la petite noblesse. Ce succès intérieur de la Couronne de France contribua à convaincre les Espagnols qu’il était plus sage de se résigner à négocier (Yves-Marie Bercé in D.G.S.).

Le meneur des sabotiers, Gabriel de Jaucourt, sieur de Bonnesson (v. note [10], lettre 587), gentilhomme beauceron et fervent huguenot, qui avait tenté de rallier la noblesse orléanaise à cette prise d’armes populaire, fut décapité le 13 décembre 1659, un mois après la proclamation de la paix des Pyrénées.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 18 juin 1658. Note 1

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(Consulté le 25.09.2020)

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