À André Falconet, le 22 mars 1661
Note [1]

Le torchon brûlait déjà entre Hortense Mancini et son mari, Armand-Charles de La Porte, duc de La Meilleraye et de Mazarin, grand maître de l’Artillerie (v. note [6], lettre 671).

Mancini (Mémoires, pages 41‑43) :

« M. le cardinal […] me laissa la plus riche héritière et la plus malheureuse femme de la chrétienté. […]

Pour mon particulier, la fortune a pris soin de punir mon ingratitude par les malheurs dont ma vie a été une suite continuelle depuis cette mort. Je ne sais quel pressentiment ma sœur {a} en avait ; mais dans les premiers chagrins qui suivirent mon mariage, elle me disait pour toute consolation, Crepa, {b} crepa, tu seras encore plus malheureuse que moi. […]

Cet homme {c} avait conservé un accès assez libre auprès du roi depuis le temps qu’il était confident de ma sœur. Il lui va faire de grandes plaintes de la rigueur avec laquelle M. Mazarin {d} me traitait : qu’il était obligé de s’y intéresser comme créature de M. le cardinal et mon serviteur particulier ; que M. Mazarin était jaloux de tout le monde et surtout de Sa Majesté, et qu’il me faisait observer avec un soin tout particulier dans tous les lieux où le roi, qui ne songeait pas à moi, pouvait me voir ; qu’au reste, il tranchait du grand ministre et qu’il avait menacé de faire sortir tous les Italiens de Paris. À tout cela, le roi ne lui répondit autre chose, sinon que si tout ce qu’il disait était vrai, le duc Mazarin était fou et qu’il n’avait pas hérité de la puissance de M. le cardinal comme de son bien. »


  1. Marie Mancini.

  2. Crève.

  3. Charles de Lorraine.

  4. La Meilleraye.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 22 mars 1661. Note 1

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(Consulté le 08.12.2022)

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