À André Falconet, le 23 janvier 1665, note 1.
Note [1]

« sur la sueur sanglante » ; c’est le phénomène qui a traduit la souffrance extrême de Jésus au Mont des Oliviers, juste avant son arrestation (Luc 22:44) :

« En proie à la détresse, il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. »

Ce sujet évangélique préoccupait les médecins : sous la présidence de Guy-Crescent Fagon (v. note [5] du Point d’honneur médical de Hugues ii de Salins), dont l’acte pastilliare s’était déroulé le 14 janvier 1665, Pierre Lombard, natif d’Autun (Heduensis), avait disputé, le 15 janvier, sa première quodlibétaire sur la question Fitne sudor cruentus Naturæ vi ? [La sueur sanglante est-elle un phénomène naturel ?]. La conclusion avait été affirmative, mais je peine à croire que Guy Patin ait pu être convaincu par la fin de la thèse qu’il louait ici :

Sic olim maximus Imperator dum percitus metueret, ne quid pugnantium militum ignavia victoriæ gloriæque suæ detraheret, sanguinem in sudorem solutus est : soluti et patrum nostrorum memoria robusti homines, audita capitis sententia. Sed et sensibus facta fides est, consecratam virginem, impurissimis sicariis ad eam corrumpendam advolantibus, stupri horrore, mundissimum sanguinem e venis ejus, alioqui tenactissimis per corpus integerrimum, sudoris specie cum cita profudisse.

Ergo fit sudor cruentus Naturæ vi.

[L’émotion du suprême Seigneur s’est ainsi résolue en une sueur sanglante quand il craignit d’être trahi par la mollesse de ses fidèles à combattre pour sa victoire et pour sa gloire. Nos pères ont conservé la mémoire d’hommes robustes chez qui cela s’est aussi produit quand on a prononcé contre eux la peine capitale. En atteste encore pleinement une vierge qu’on a sanctifiée : quand des assassins fort impies se précipitèrent sur elle pour la violenter, dans l’effroi du déshonneur, un sang très pur s’est épanché de ses veines, comme une sorte de sueur, alors que son corps était parfaitement intact, et sa vie s’en est allée.

La sueur sanglante est donc un phénomène naturel].

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 23 janvier 1665, note 1.

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(Consulté le 24/02/2024)

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