De Charles Spon, le 5 mars 1658, note 10.
Note [10]

« qui sont les plus avides des loups sous etc. » ; probable renvoi de Charles Spon à un passage de Henri Corneille Agrippa (v. note [13], lettre 126) dans son De Incertitudine et vanitate scientiarum… [De l’Incertitude et du mensonge des sciences…] (chapitre lxii, De Sectis monasticis [Des Sectes monastiques], (édition d’Augsbourg, 1539, fo 85 ro et vo) :

Horum vanitates et errores si mihi calamo explicandi forent, non caperent omnes pelles Mandian, eorum inquam, qui non pietatis causa professi sunt religionem, sed ventris gratia cucullam induerunt. Neque vero bonos offender hic sermo, quem de solis improbis dictum volo, qui sub pellibus agninis sunt lupi rapacissimi, et in vestibus ovium astutam gerunt sub pectore vulpem : adeo dissimulantes artes fallaciæ suæ, ut nihil aliud professi videantur, quam scenicam quandam hypocrisim, et merum quæstum pietatis imagine personatum, dum pallido vultu mentiuntur ieiunia, et obsequentibus lachrymis profunda a pectore trahunt suspita, et mobilibus labris frequentes orationes simulantes, et gressu incessuque composito, gestibus tranquilis.

[Si je devais les écrire, toutes les tentes des Madianites {a} ne pourraient contenir leurs mensonges et leurs fourberis ; je veux parler de ces gens qui se couvrent d’un capuchon pour professer leur religion, non par motif de piété, mais pour le plaisir du ventre. Et en vérité, ce discours n’offensera pas ceux d’entre eux qui sont bons, je ne veux parler que des méchants : ceux qui sont les plus avides des loups sous des peaux d’agneau et qui cachent un cœur de rusé renard sous des toisons de brebis. Ils dissimulent si bien leurs ruses trompeuses qu’ils ne semblent rien professer d’autre qu’une certaine hypocrisie théâtrale, et qu’une pure âpreté au gain, sous ombre de feinte piété, quand leur pâle figure fait croire qu’ils jeûnent, quand, pleurant à volonté, ils poussent de profonds soupirs, faisant semblant de prier souvent en remuant les lèvres, avec leur marche à pas lents et leurs mouvements compassés].


  1. Dans la Bible, les Madianites étaient des nomades du Sinaï descendants de Madian, fils d’Abraham (Juges, 6:1‑6) :

    « Les Israélites firent de nouveau ce qui déplaît au Seigneur. C’est pourquoi le Seigneur les livra aux Madianites pendant sept ans. Les Madianites opprimaient durement Israël. Pour leur échapper, les Israélites utilisèrent les couloirs, les cavernes et les endroits escarpés des montagnes. Chaque fois que les Israélites avaient ensemencé leurs champs, les Madianites venaient les attaquer, avec les Amalécites et des nomades de l’Orient. Ils campaient sur leurs terres et détruisaient les produits du sol jusqu’à proximité de Gaza. Ils ne laissaient rien à manger aux Israélites, ils ne leur laissaient ni moutons, ni bœufs, ni ânes. En effet, ils se déplaçaient avec leurs troupeaux et leurs tentes, ils arrivaient en masse comme les sauterelles ; ils étaient si nombreux, eux et leurs chameaux, qu’on ne pouvait pas les compter. Ils envahissaient le pays et le dévastaient. Ainsi, les Israélites furent plongés dans une telle misère par les Madianites qu’ils appelèrent le Seigneur à leur secours. »


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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Charles Spon, le 5 mars 1658, note 10.

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(Consulté le 15/06/2024)

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