Autres écrits : Une thèse cardinale de Guy Patin :
« La Sobriété » (1647), note 104.
Note [104]

Guy Patin avait lu le :

I. Antonii Saraceni Lugdunæi de Peste Commentarius. In quo præter pestis naturæ, præcautionis etiam atque curationis ipsius uberiorem explicationem, non pauca quæ super eadem materia hoc nostro seculo et cœlo in contentionem plerunque veniunt obiter strictimque pertractantur.

[Commentaire de Jean-Antoine Sarrasin, {a} natif de Lyon, sur la Peste. Outre de très riches explications sur la nature, la prévention et le traitement de la peste, y sont traités, au passage et rapidement, quelques points sur la même matière dont on débat aujourd’hui dans notre pays]. {b}

On y retrouve en effet ce propos, page 181 du chapitre vi, Aeris ac morborum pestilentium præcautio [Précaution contre l’air et les maladies pestilentielles], :

Qua ratione autem et quibus ex causis fiant recensiti ante affectus quamque varie nos afficiciant, abunde traditum comperiet quivis a Marco Tullio ex Stoicorum acutissime in hac quæstione versatorum fontibus. Iure autem una benignitatis Divinæ erga fideles firma assensio totius iucundæ et absque perturbatione traductæ vitæ moderatrix est, nec ulla unquam vel calamitate vel ærumna premetur qui vitæ fundamentum iecerit pietatem ac fidem : non erit sua sorte aut conditione non contentus, qui Christi familiæ omnia bene fœliciterque succedere persuasum habuerit, ac rerum omnium tum opificem tum moderatorem eumdem sibi benignum esse partem crediderit.

[Qui voudra savoir pourquoi et d’où viennent les affections dont j’ai précédemment parlé, {c} et pourquoi elles nous touchent diversement, en trouvera une copieuse relation dans Cicéron, tirée des auteurs stoïciens qui se sont très soigneusement penchés sur cette question. {d} Toutefois et à juste titre, le solide attachement de la bonté divine à l’égard de ses fidèles garantit seul de mener une vie prospère et sans désordre, car qui aura érigé la piété et la foi en principe de vie ne sera jamais incommodé d’aucune calamité ni d’aucune misère ; {d} qui se sera persuadé de bien et heureusement suivre tout ce qui est commun à la famille du Christ ne sera pas mécontent de son sort ou de sa condition, et croira que l’artisan et le maître de toutes choses aura été généreux pour lui].


  1. V. note [3], lettre 253.

  2. Sans lieu, Ioannes Gregorius, 1572, in‑8o de 345 pages.

  3. Les 45 premières pages de ce chapitre passent en revue les manières de vivre qui peuvent prédisposer à la peste, avec un long développement sur le régime alimentaire.

  4. Renvoi dans la marge au livre iv des Tusculanes, où les interlocuteurs discutent tout particulièrement la philosophie stoïcienne, préchrétienne certes, mais la moins incompatible avec la vie et les enseignements du Christ.

  5. J’ai mis en exergue le passage que Patin a repris, et qu’il a adapté à son propos médical en y remplaçant pietatem et fidem, « la piété et la foi », par temperentiam, « la tempérance ».

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Une thèse cardinale de Guy Patin :
« La Sobriété » (1647), note 104.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8223&cln=104

(Consulté le 21/06/2024)

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