À Charles Spon, le 10 novembre 1651
Note [11]

Dès le début de sa carrière militaire, Louis Ardier, sieur de Vineuil (ou Vinœil) s’était attaché au duc d’Enghien, futur prince de Condé, et lui restait fidèle durant sa rébellion. Bussy-Rabutin a dépeint Vineuil dans son Histoire amoureuse des Gaules (v. note [9], lettre 822) :

« Esprit fin et satirique, quoiqu’il craignît tout, ce qui lui attira de méchantes affaires ; bien fait de sa personne, entreprenant avec les femmes, et cela le fit réussir. »

Journal de la Fronde (volume i, fo 509 ro et vo, de Paris, le 8 novembre 1651) :

« M. de Vineuil, envoyé par M. le Prince à M. le duc d’Orléans pour lui apporter la réponse de la proposition de paix, arriva enfin ici le 8 au soir, ayant été retardé trois jours en chemin sur ce qu’en passant à Poitiers il demanda un passeport à M. de Brienne, qui en parla deux fois au Conseil sans qu’on résolût si on lui devait donner ou refuser ; ce qui l’obligea de partir de nuit sans attendre le passeport ; dont le Conseil étant averti, envoya ordre au gouverneur de Loches d’arrêter Vineuil mort ou vif lorsqu’il passerait ; ce que ce gouverneur ayant exécuté, envoya les lettres dont il était chargé à la cour où elles furent toutes ouvertes, à la réserve de celle que M. le Prince écrivait à Son Altesse Royale ; et aussitôt après, la cour le renvoya avec ordre à ce gouverneur de le laisser passer. Cette lettre que M. le Prince écrit n’est qu’une justification de son procédé avec des invectives contre le nouveau Conseil et protestations de souhaiter la paix, dont il supplie Son Altesse Royale de vouloir être caution envers tout le monde et de donner créance à M. de Vineuil sur ce qu’il lui dira de la sincérité de ses intentions, sans particulariser davantage ni sur le temps, ni sur le lieu du traité. Cette lettre, laquelle est fort longue, a été envoyée aujourd’hui à la cour par Son Altesse Royale qui y a envoyé exprès M. de Souvery. »

Vineuil mourut en 1681. En 1675, Mme de Sévigné (tome ii, page 103) écrivait à Mme de Grignan : « Vineuil est bien vieilli, bien toussant, bien crachant, et dévot, mais toujours de l’esprit. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 novembre 1651. Note 11

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(Consulté le 06.05.2021)

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