Autres écrits : Leçons de Guy Patin au Collège de France (1) : sur le Laudanum et l’opium
Note [11]

Alessandro Trajano Petronio (v. note [27], lettre latine 75) a abondamment parlé du mercure dans son livre intitulé De Morbo Gallico omnia quæ extant apud omnes medicos cuiuscunque nationis, qui vel integris libris, vel quoquo alio modo huius affectus curationem methodice aut empirice tradiderunt, diligenter hincinde conquisita, sparsim inventa ; erroribus expurgata, et in unum tandem hoc corpus redacta. In quo de Ligno Indico, Salsa Perilla, Radice Chynæ, Argento vivo, cæterisque rebus omnibus ad huius luis profligationem inuentis, diffusissima tractatio habetur. Cum indice locupletissimo Rerum omnium dignarum, quæ in hoc volumine continentur. Opus hac nostra ætate, qua Morbi Gallici vis passim vagatur, apprime necessarium. Catalogum Scriptorum sexta pagina comperies. Tomus prior [Tout ce qui se lit sur le Mal français chez tous les médecins, de quelque nation que ce soit, qui ont parlé du traitement de cette maladie, de manière méthodique ou empirique, soit dans des livres entiers, soit en quelque autre manière, a été soigneusement recherché et trouvé çà et là, purgé de ses fautes et enfin transcrit dans cet ouvrage unique. On y traite très complètement du bois d’Inde (gaïac), de la salsepareille, de la racine de chyna (quinquina), du vif-argent, et de tous les autres remèdes qu’on a trouvés pour venir à bout de cette maladie. Avec un très riche index de toutes les matières dignes de remarque que contient ce volume. Ouvrage extrêmement nécessaire à notre époque où le mal français sévit partout avec force. Vous trouverez le catalogue des auteurs à la page 6. Tome premier] (Venise, Jordanus Zilettus, 1566, in‑fo ; un second tome a paru, id. et ibid., en 1567). Le propos auquel adhérait Guy Patin se lit à la page 232, en haut de la seconde colonne :

Nunc autem Mercurii, quidem vivum Argentum dicunt, vires tibi paucis absolvam. Avicenna secundo Can. frigidum et humidum esse dixit in secundo gradu, Paulus vero Aegineta calidum, et siccum asserit in quarto. Verum nos cum Gebere, qui de rebus metallicis optime conscripsit, dicemus Mercurium humidum et frigidum palam caliditatem, siccitatemque clandestinam in se habere.

[Je vous présenterai brièvement maintenant les vertus du mercure, que certains appellent vif-argent. Avicenne, au deuxième livre du Canon, dit qu’il est froid et humide au second degré ; mais Paul Éginète le tient pour chaud et sec au quatrième degré. Avec Geber, {a} qui a excellemment écrit sur les métaux, nous dirons pourtant que le mercure est humide et froid, et qu’il détient aussi une chaleur manifeste et une sécheresse cachée].


  1. Geber est le nom latinisé de Jabir ibn Hayyan, érudit persan du viiie s.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Leçons de Guy Patin au Collège de France (1) : sur le Laudanum et l’opium. Note 11

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(Consulté le 24.09.2019)

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