Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-4, note 11.
Note [11]

L’anecdote vient du Dictionnaire de Moréri : v. la note [87] du Faux Patiniana II‑7, qui l’a reprise. Le Furetieriana, ou les bons mots et les remarques, histoires de morale, de critique, de plaisanterie et d’érudition de M. Furetière, abbé de Chalivoy, {a} de l’Académie française, {b} l’a aussi exploitée, sans résister à la tentation de la rendre plus gaillarde (pages 129) :

« Calphurnie fut cause qu’on a interdit le barreau aux femmes, parce qu’ayant plaidé une cause qu’elle perdit, elle en fut si irritée contre les juges qu’elle se découvrit impudemment le derrière, et le leur montra par mépris. On ordonna en même temps que jamais femme ne plaiderait. » {b}


  1. Antoine Furetière (Paris 1619-ibid. 1688) auteur de l’admirable Dictionnaire universel, qui lui valut d’être exclu de l’Académie française en 1685, mais a fort opulemment alimenté les notes de notre édition pour du sens à son vocabulaire, et de quelques ouvrages en prose et en vers.

    Chalivoy-Milon est une petite localité de Touraine (Cher) qui fut jadis dotée d’un prieuré, dont Furetière fut abbé.

  2. Bruxelles, François Foppens, 1696, in‑12 de 267 pages.

  3. La quérulente et hardie Calpurnia, ou Calphurnie, ne fut sans doute aucune des trois Romaines de ce nom qui ont laissé une trace dans les annales antiques : une épouse de Jules César, celle de Pline le Jeune et, dans Tacite, une belle femme aimée de l’empereur Claude, dont la jalouse Agrippine obtint l’exil.

Étant donné leurs préférences bibliographiques, les rédacteurs de L’Esprit de Guy Patin ont plus probablement emprunté leur article au Moréri qu’à Furetière. Ma seule certitude est que Guy Patin ne connaissait pas cette historiette, qui est probablement fictive car je ne l’ai trouvée dans aucune des deux sources que le Moréri cite en référence : ni dans le chapitre 20 des Parallèles d’histoires grecques et romaines de Plutarque, ni dans le Liber de legibus et senatusconsultis [Livre des lois et arrêts] d’Antonius Augustinus (Antonio Agustin, archevêque de Tarragone au xvie s.), dont l’édition de Rome, 1583 (pages 64‑65), cite trois lois Calpurnia, dont aucune ne mentionne la quérulente Romaine.

V. note [15] du Faux Patiniana II‑7 pour Hortensia qui plaida avec succès la cause des nobles dames romaines injustement taxées par le Sénat au ier s. av. J.‑C.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-4, note 11.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8217&cln=11

(Consulté le 24/02/2024)

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