À Charles Spon, le 18 juin 1658
Note [12]

Mauvaise information de Guy Patin, car Charles Delorme (Moulins 1584-Paris 1678) allait lui survivre, bien qu’il fût de 17 ans son aîné. Il était fils de Jean Delorme (1547-1637), professeur de médecine à l’Université de Montpellier, qui fut appelé à Paris pour devenir successivement médecin ordinaire de Louise de Savoie, épouse d’Henri iii, de Marie de Médicis, d’Henri iv et de Louis xiii. Reçu docteur en médecine à Montpellier en 1607, Charles avait ensuite voyagé en Italie où la République de Venise l’avait annobli. En 1626, il avait succédé à son père comme médecin ordinaire de Louis xiii. Il avait fait preuve d’une grande habileté par des guérisons obtenues à Paris lors de la peste de 1619, et à La Rochelle où la dysenterie ravageait l’armée. Delorme avait été peu de temps médecin du duc d’Orléans. Marié trois fois et veuf trois fois, il a publié les Πτελεινοδαφνειαι [Lauriers de l’orme] (Paris, 1608, in‑8o), recueil des thèses qu’il avait soutenues à Montpellier pendant sa licence : An cholera statim a pastu sit salutaris ? [Est-ce qu’une alimentation végétale est salutaire dans le choléra ?], An amantes iisdem remediis curentur quibus amantes ? [Est-ce que les amants sont à soigner par les mêmes remèdes que ceux qu’ils aiment ?], An vita regum, principum et magnatum salubrior sit et longior quam plebeiorum et rusticorum ? [Est-ce que la vie des rois, des princes et des grands est plus saine et plus longue que celles des gens du peuple et des paysans ?] ; etc.

L’abbé Saint-Martin lui a consacré un ouvrage intitulé Moyens faciles et éprouvés dont M. Delorme s’est servi pour vivre près de cent ans (Paris, 1682, in‑12o) (O. in Panckoucke, G.D.U. xixe s. et Reveillé-Parise). Guy Patin a souvent parlé de Charles Delorme dans la suite de sa correspondance, en termes beaucoup plus flatteurs qu’ici, le qualifiant d’homme incomparable et même, suprême compliment, de bibliothèque vivante.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 18 juin 1658. Note 12

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(Consulté le 27.11.2020)

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