À Charles Spon, le 16 novembre 1643
Note [13]

Révoquent est à prendre dans le sens de dissuadent. On a peine à comprendre la nuance qui autorisait Guy Patin à nier les diableries sans récuser le Nouveau Testament. La guérison miraculeuse de l’énergumène de Gérase en Palestine, rapportée dans les évangiles de Luc (8:26-39) et de Marc (5:1-20), atteste que Jésus croyait en la possession démoniaque et savait y apporter remède :

« Car Jésus commandait à l’esprit impur de sortir de cet homme, dont il s’était emparé depuis longtemps ; on le gardait lié de chaînes et les fers aux pieds, mais il rompait les liens et il était entraîné par le démon dans les déserts. Jésus lui demanda : “ Quel est ton nom ? – Légion ”, répondit-il. Car plusieurs démons étaient entrés en lui. Et ils priaient instamment Jésus de ne pas leur ordonner d’aller dans l’abîme. Il y avait là, dans la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons supplièrent Jésus de leur permettre d’entrer dans ces pourceaux. Il le leur permit. Les démons sortirent de cet homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans le lac et se noya. Ceux qui les faisaient paître, voyant ce qui était arrivé, s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus et ils trouvèrent l’homme de qui étaient sortis les démons, assis à ses pieds, vêtu et dans son bon sens ; et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent comment le démoniaque avait été guéri. Tous les habitants du pays des Géraséniens prièrent Jésus de s’éloigner d’eux, car ils étaient saisis d’une grande crainte. Jésus monta dans la barque et s’en retourna. L’homme de qui étaient sortis les démons lui demandait la permission de rester avec lui ; mais Jésus le renvoya, en disant : “ Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu t’a fait. ” Il s’en alla et publia par toute la ville tout ce que Jésus avait fait pour lui. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 novembre 1643. Note 13

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(Consulté le 11.07.2020)

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