Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-4, note 14.
Note [14]

Pline le Jeune, Lettres, livre vii, début de l’épître xx, avec mise en exergue du passage cité :

Librum tuum legi et quam diligentissime potui, adnotavi quæ commutanda, quæ eximenda arbitrarer. Nam et ego verum dicere assuevi, et tu libenter audire. Neque enim ulli patientius reprehenduntur, quam qui maxime laudari merentur.

[J’ai lu ton livre en notant avec tout le soin possible ce que je croirais nécessaire d’y changer ou d’en retrancher ; car j’ai autant l’habitude de dire la vérité que toi, d’aimer à l’entendre ; et il n’y a pas d’auteurs plus dociles à être censurés, que ceux qui méritent le plus d’être loués].

Avec plus de clarté et d’esprit, Pierre Bayle a recouru à cette citation dans la dédicace (fo **4 ro‑ vo) de son Projet et fragments d’un Dictionnaire critique, {a} adressée à « M. Du Rondel, professeur aux belles-lettres à Mastricht » :

« Ceux que j’épargnerai auront quelque sujet de s’en plaindre, parce que ce sera un signe que je ne les crois pas capables d’entendre raison, ou en état de soutenir la moindre perte. Ce dernier motif n’est pas toujours entièrement à rejeter car, s’il y a des auteurs dont il faille couvrir les fautes, ce sont principalement les pauvres auteurs, qu’on aurait bientôt dépouillés jusqu’à la chemise, pour peu qu’on se jetât sur leur friperie ; et s’il y a des auteurs dont il faille découvrir les fautes, ce sont principalement les plus grands et les plus célèbres, puisqu’outre que leurs erreurs sont infiniment plus contagieuses que celles d’un écrivain ordinaire, ils ont de grandes ressources de réputation, et des trésors de gloire si abondants que cent naufrages ne sauraient les incommoder. C’est ce qui fait qu’il n’y a guère de gens qui se rétractent avec moins de peine, ou qui supportent de meilleure grâce la censure que ceux qui ont le plus justement acquis le titre de grand auteur. » {b}


  1. Rotterdam, Reinier Leers, 1692, in‑8o de 400 pages.

  2. La note marginale 3 cite ici la lettre de Pline, en y remplaçant (comme a fait L’Esprit de Guy Patin) Neque enim ulli… par Nulli…

    Au risque de paraître fort entêté, ce détail me pousse à croire que Bayle est la source où L’Esprit de Guy Patin a puisé son article.


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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-4, note 14.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8217&cln=14

(Consulté le 05/03/2024)

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