À Charles Spon, le 19 juin 1643
Note [16]

« Dès qu’il a tourné son esprit vers l’écriture, il s’est seulement consacré à produire des fables qui plussent à Richelieu » ; parodie des vers de Térence (Andria, vers 1‑3) :

Poeta quum primum animum ad scribendum appulit,
Id sibi negoti credidit solum dari,
Populo ut placerent quas fecisset fabulas
.

[Un poète dont l’esprit s’est tourné vers l’écriture, s’y est seulement consacré à produire des fables qui plussent au peuple].

Bayle :

« Le style de cet auteur est un peu trop concis et n’est pas assez naturel, mais il témoigne que le président de Gramond possédait bien la langue latine. […] Christien Funccius {a} débite que le président de Gramond, ayant suivi les traces de M. de Thou dans la hardiesse de dire la vérité, et de découvrir les fautes du gouvernement et celles des grands seigneurs, se fit beaucoup d’ennemis et n’était pas même en sûreté au milieu de sa patrie. […] M. Graverol, avocat de Nîmes qui avait de grandes habitudes à Toulouse et que j’avais consulté sur ce fait, me répondit plusieurs choses, mais rien qui me fît connaître qu’il eût jamais ouï parler d’une telle chose. […] Les Lettres de Patin ne confirment guère ce que l’auteur allemand {a} débite : tant s’en faut que Guy Patin nous représente M. de Gramond comme un martyr de la vérité, qu’il le traite de lâche flatteur. Je crois qu’il outre les choses et qu’au pis aller, l’extrémité de l’écrivain allemand serait moins vicieuse que celle de Guy Patin. »


  1. Christian Funcke (1626-1694), recteur du collège de Görlitz.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 19 juin 1643. Note 16

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(Consulté le 25.01.2021)

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