Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Patiniana I‑2 (1701)
Note [16]

Théologien du iiie s., natif d’Alexandrie, Origène a été le premier exégète chrétien de la Bible. Ses œuvres, écrites en grec, auraient compté deux milliers d’ouvrages, dont une bonne partie a été perdue. Père de l’Église, il n’a pas été canonisé car certaines de ses interprétations sont allées à l’encontre des dogmes romains, jusqu’à être tenues pour hérétiques.

Le jugement que Cassiodore {a} a porté sur Origène se trouve dans le premier de ses deux livres de Institutione divinarum Scripturarum [sur l’Institution des divines Écritures], chapitre i, De Octateucho [L’Octateuque], à la page 227 ro de ses Opera : {b}

Sed quemadmodum legi debeat, in Epistola quam scripsit ad Tranquillum sanctus Hieronymus probabiliter indicavit, ut nec studiosos ab eius necessaria lectione removeat, nec iterum incautos præcipitet ad ruinam. Quem quidam non immerito more aneti habendum esse dixerunt ; qui dum sacrarum condiat pulmentaria litterarum ; ipse tamen decoctus exsuccatusque proiicitur. De quo conclusive dictum est : Ubi bene, nemo melius : ubi male, nemo peius. {c} Et ideo caute sapienterque legendus est, ut sic inde succos saluberrimos assumamus, ne pariter eius venena perfidiæ, vitæ nostræ contraria sorbeamus.

[Dans une lettre qu’il a écrite à Tranquillus, saint Jérôme {d} a bien indiqué la manière dont il {e} doit être lu, de façon à ne pas l’ôter des mains des gens avisés, car sa lecture est nécessaire, mais à ne pas non plus laisser les imprudents se précipiter dessus pour s’y perdre. Certains n’ont pas eu tort de dire qu’il fallait le considérer comme de l’aneth : il assaisonne agréablement les Écritures Saintes, mais on le jette quand il a cuit et donné tout son jus. En somme, on peut dire de lui : quand il fait bien, personne ne fait mieux, quand il fait mal, personne ne fait pire. {c} Nous devons donc le lire avec sagesse et prudence pour en extraire les sucs les plus salubres, sans devoir avaler en même temps le venin de sa perfidie qui met notre vie en péril].


  1. Cassiodore (Magnus Aurelius Cassiodorus Senator) est un philosophe et historien chrétien latin du vie s.

  2. Magni Aur. Cassiodori Senatoris V.C. Opera. Quorum nonnulla nunc primum reliqua emendatiora eduntur. Cum notis et indicibus copioissimis. Catalogum sequens pagina continet.

    [Œuvres du très illusttre Cassiodore, dont quelques-unes paraissent pour la première fois, et les autres ont été entièrement corrigées. Avec de très riches notes et index. Le catalogue {i} en est présenté sur la page suivante]. {ii}

    1. Sommaire complet de l’ouvrage.

    2. Paris, Marcus Orry, 1588, in‑4o en deux parties de 768 et 162 pages.
  3. Mise en exergue du passage cité par le Patiniana.

  4. V. note [16], lettre 81, pour saint Jérôme ; sa lettre à Tranquillus a dû être perdue car elle ne se trouve pas dans le corpus moderne de sa correspondance.

  5. Origène.

Cet article du Patiniana imprimé ne figure pas dans le manuscrit de Vienne.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Patiniana I‑2 (1701). Note 16

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8197&cln=16

(Consulté le 18.08.2022)

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