À Charles Spon, le 15 septembre 1654
Note [18]

« homme de bien, et d’un peu de mal. »

Ce doyen de l’École ou Faculté de médecine de Valence, en Dauphiné (v. note [14], lettre 70), était Louis Bon (ou Le Bon). L’abbé Nadal, chanoine de Valence, l’a mentionné dans son Histoire de l’Université de Valence… (Valence, E. Marc Aurel, 1861, in‑8o de 427 pages), notamment pour décrire les querelles intestines qui avaient provoqué le déclin du nombre des agrégés que comptaient ses facultés (pages 193‑195) :

« Il n’était pas limité dans celle de théologie ç l’époque dont nous parlons, {a} mais six d’entre eux seulement recevaient une rétribution pour l’examen des gradués. Au reste, cette faculté n’avait alors que deux professeurs dont les leçons étaient suivies par un très petit nombre d’ecclésiastiques. Cependant, elle était encore dans une situation plus florissante que la Faculté de médecine ; celle-ci, depuis les troubles, {b} avait eu bien de la peine à se reconstituer. Le docteur Louis Le Bon, {c} qui en avait obtenu la première régence en 1641, “ ne put réunir alors autour de sa chaire aucun écolier pour ouïr ses lectures ” ; {d} ce qui ne l’empêcha pas néanmoins de réclamer pour ses honoraires une somme de treize cents livres. […] {e}

La Faculté de médecine n’avait pas de statuts particuliers. Le 24 avril 1689, elle reçut de la cour, par l’intermédiaire de l’intendant du Dauphiné, un règlement relatif à la promotion de ses élèves au baccalauréat, à la licence et au doctorat. » {f}


  1. Dans les années 1650. L’Université de Valence et sa Faculté de médecine avaient été crééee en 1452.

  2. Les guerres de Religion.

  3. Manière anachronique (moderne) de qualifier un médecin : dans sa lettre du 22 décembre 1654 (v. sa note [19]), Guy Patin a dit avoir correspondu avec « M. Le Bon, médecin de Valence ».

  4. Citation d’un arrêt du Conseil d’État daté du 2 décembre 1645.

  5. Selon un acte du 11 septembre 1660, la Compagnie des agrégés (docteurs régents) de Valence était composée du doyen (Pierre Chomel, premier professeur), d’un second professeur et de trois agrégés.

  6. Ce dénûment pédagogique explique assez légitimement le mépris qu’on avait alors, à Paris et bien ailleurs en France, pour les diplômes médicaux conférés par les petites facultés de province. Celle de Valence a été définitivement supprimée en 1793.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 15 septembre 1654. Note 18

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(Consulté le 26.11.2022)

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