À Charles Spon, le 10 mai 1652
Note [2]

Quartenier : « officier de Ville qui a un certain quartier et une porte de la ville assignés, où il fait exécuter les ordonnances et les mandements de la Ville, qui fait assembler chez lui les bourgeois du quartier, et qui a le soin aussi de fermer et garder les portes. Il a sous lui deux cinquanteniers et quatre dizainiers. L’office de quartenier est une voie sûre pour parvenir à l’échevinage en son ordre » (Furetière).

Au début du xviie s. Paris était encore divisée en 16 quartiers dénommés par un édit de Henri iii du 1er août 1588 :

  • quartier Notre-Dame, pour la Cité ;

  • quartiers Saint-Germain-l’Auxerrois, des Saints-Innocents puis de Sainte-Opportune, Saint-Honoré, Saint-Eustache, des Halles, Saint-Jacques de la Boucherie, Saint-Denis, Saint-Martin, du Saint-Esprit ou de la Grève, du cimetière Saint-Jean ou de la Martellerie, du Temple ou de Sainte-Avoye, Saint-Gervais ou de la Verrerie, Saint-Antoine, pour la Ville (rive droite) ;

  • quartiers de Sainte-Geneviève (bientôt place Maubert), Saint-Séverin (bientôt de la Harpe), pour l’Université (rive gauche).

Des faubourgs leur étaient rattachés : Saint-Honoré, Saint-Denis, Saint-Martin, Saint-Victor et bourg Saint-Médard, Saint-Marcel, Saint-Jacques, Saint-Germain. La division en quartiers était distincte de celle des paroisses. Les quartiers relevaient de la gestion administrative de la ville : fiscalité, entretien, sécurité. Dans le rôle des boues et lanternes de 1637 était apparu un 17e et nouveau quartier démembré de la Cité, l’Île Notre-Dame (Saint-Louis) en plein lotissement.

Dizainier et cinquanteniers, ainsi qu’une liste de bourgeois élisaient les quarteniers, un par quartier. Les quarteniers dressaient des listes de notables proposés aux élections du Conseil de la Ville, et participaient à l’élection du prévôt des marchands et de ses échevins. Ils réunissaient dans leurs circonscriptions cinquanteniers, dizainiers et six bourgeois élus. Ce corps électoral choisissait quatre bourgeois par quartier : sur les 64 noms retenus, 32 étaient tirés au sort et participaient avec le prévôt des marchands, les échevins et les conseillers de la Ville à l’élection finale du bureau de la Ville (M. Le Moel, Dictionnaire du Grand Siècle).

Guy Patin devait être un des huit députés bourgeois du quartier Sainte-Opportune où il résidait.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 10 mai 1652. Note 2

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0286&cln=2

(Consulté le 06.12.2022)

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