À André Falconet, le 4 février 1661
Note [2]

Le rapport de Guy Patin sur la cruauté du grand vizir Mehmed Pashha Köprülü à l’encontre de Jean de La Haye est fort exagéré quand on le compare à celui qu’en a donné Jean Chardin dans son Journal (v. note [14], lettre 663) ; il allait d’ailleurs bientôt corriger la fausse nouvelle de la mort de La Haye. La haine du Turc agitait alors les esprits à Paris :

« Les Ottomans, ce dit l’histoire,
Au lieu de s’amuser à boire,
Font travailler avec grands frais
À de formidables apprêts
Pour fixer, en Transylvanie,
Plus puissamment leur tyrannie.
L’empereur étant alarmé
De ce dessein par eux formé,
A, dit-on, écrit de Vienne
À toute puissance chrétienne,
Pape, électeurs, communautés,
Princes, rois, États et cités,
Qu’il leur plût, dans ces grands vacarmes,
Le secourir d’argent et d’armes,

Contre les guerriers du sultan,
Et ce, dans le cours de cet an,
Pour éluder leurs entreprises,
Et que par eux ne soient conquises
Plus de terres sur les chrétiens,
Que bien souvent ils nomment chiens,
Et de cent brocards les noircissent.
Tous ces pendards-là nous haïssent,
Conservant pour la chrétienté,
Toujours grande animosité.
Or, comme la requête est juste,
De cet Imperator auguste,
roi de Hongrie, et cetera,
Je crois qu’on l’entérinera. »

(Muse historique, livre xii, lettre ii, du samedi 8 janvier 1661, vers 113‑140).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 4 février 1661. Note 2

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(Consulté le 29.11.2020)

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