À Nicolas Belin, le 5 juin 1649, note 20.
Note [20]

« Il faut naître soit roi soit fou. Les fils des héros sont des calamités. »

Ce sont deux proverbes de l’Antiquité qu’Érasme a commentés dans ses Adages.

  • Le premier (no 201) vient du début de l’Apocolocynthosis (Apocoloquintose ou Métamorphose en citrouille, facétie satirique sur la mort l’empereur Claude) de Sénèque le Jeune (début du chapitre 1) :

    Quid actum sit in cælo ante diem tertium idus Octobris, Asinio Marcello, Acilio Auiola coss. anno nouo, initio sæculi felicissimi, volo memoriæ tradere. Nihil nec offensæ nec gratiæ dabitur. Hæc ita vera si quis quæsiuerit unde sciam, primum, si noluero, non respondebo. Quis coacturus est ? Ego scio me liberum factum, ex quo suum diem obiit ille, qui verum proverbium fecerat, “ Aut regem aut fatuum nasci oportere ”. Si libuerit respondere, dicam quod mihi in buccam venerit. Quis unquam ab historico iuratores exegit ?

    [Ce qui s’est passé au ciel, le troisième jour avant les ides d’octobre, sous le consulat d’Asinius Marcellus et d’Acilius Aviola, durant une année nouvelle, au commencement d’un siècle de prospérité, je veux en consigner le souvenir. Rien dans mon récit ne sera dicté par la haine ou par la faveur. Et ces faits incontestables, si l’on veut savoir d’où je les tiens, d’abord je puis, s’il ne me plaît pas, me dispenser de répondre. Qui pourrait m’y forcer ? Grâce à Dieu, je suis libre depuis qu’il a vu son dernier jour, celui qui justifiait si bien ce proverbe : “ Il faut être né soit sot soit roi ”. S’il me plaît de répondre, je dirai ce qui me viendra à la bouche. A-t-on jamais exigé d’un historien des cautions sous serment ?]

  • Le second (no 532), Heroum filii noxæ [Les fils des héros sont des calamités], est un autre adage grec et latin, qu’Érasme commentait ainsi :

    Veteribus illud observatum fuit, præstantium virorum filios mutum a progenitorum moribus adfuisse. Unde et Demosthenes dixit […], A viris egregiis, perinde quasi fato quodam id accidat, improbos proficisci filios.

    [Les Anciens ont observé que les fils des hommes exceptionnels se sont écartés des mœurs de leurs géniteurs ; ce que Démosthène a dit autrement (…), « Comme par une sorte de fatalité, de mauvais fils viennent d’hommes éminents. »]

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Nicolas Belin, le 5 juin 1649, note 20.

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(Consulté le 27/05/2024)

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