Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre III
Note [21]

Galien a notamment parlé de l’eau pure et sans souillure dans son 3e commentaire sur le livre d’Hippocrate Du régime dans les maladies aiguës (Kühn, volume 15, page 697‑698, traduit du grec) :

Hæc igitur quanquam optima sit, multo tempore in ventriculo manet fluctuationesque ipsi plurimum parit, quo sit ut quum biliosus ille ventriculus fuerit, corrumpatur et illa. Præterea et quum ex ventriculo ad jejunum intestinum ægre perveniat, non facile distribuitur neque in hepar, neque multo magis in renes, thoracem et pulmonem. Quare neque urinas movere potest, neque sputum educere. Imo neque per totum corpus molitur transpirationes, id namque tenuis substantiæ opus est calidæque, non frigidæ et crassæ. Neque præterea sitim sedat, quod in amplis tum ventris tum intestinorum animalis instrumentis plurimo maneat tempore, neque prorsus imas ipsorum penetret partes, neque ariditatem humectet. Quod autem non alat antea dictum est, proindeque neque facultatem vitalem roborare potest. Atque eæ sunt causæ, quibus Hippocrates ad aquam mulsam, acetum mulsum et vinum se contulit in ægris, ab aqua abstinens.

[Si excellente puisse-t-elle être, elle demeure fort longtemps dans l’estomac et y engendre quantité de fluctuations ; et s’il se trouve que l’estomac est bilieux, elle s’y corrompra. En outre, après qu’elle est difficilement sortie de l’estomac pour passer dans le jéjunum, {a} elle ne se distribuera pas aisément dans le foie ni, à plus forte raison, dans les reins, le thorax et le poumon : c’est pourquoi elle ne peut ni déclencher les urines, ni favoriser l’expectoration. {b} Elle ne met pas non plus en mouvement les transpirations par tout le corps qui, pour cela, a besoin d’une substance déliée et chaude, et non pas froide et épaisse. Elle ne soulage pas la soif parce qu’elle reste très longtemps dans les vastes compartiments animaux, tant du ventre que des intestins ; elle ne pénètre pas tout à fait dans leurs parties profondes et n’en humecte pas l’aridité. J’ai précédemment dit qu’elle ne nourrit pas et, par conséquent, elle ne peut renforcer la faculté vitale. Telles sont les raisons pour lesquelles Hippocrate, chez les malades, s’est tourné vers l’eau miellée, le vinaigre miellé et le vin, en s’abstenant de leur faire boire de l’eau pure]. {c}


  1. Deuxième segment de l’intestin grêle (après le duodénum et avant l’iléon), où commence l’absorption des aliments digérés.

  2. Expulsion des crachats.

  3. V. supra note [8], pour cet avis d’Hippocrate que Galien partageait entièrement, mais qui nous surprend aujourd’hui.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre III. Note 21

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(Consulté le 24.11.2020)

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