À Charles Spon, le 1er avril 1650
Note [23]

Jean Desmarets, sieur de Saint-Sorlin (Paris 1595-ibid. 1676), membre de l’Académie française dès sa création, avait été l’une des plumes favorites de Richelieu, pour (et avec) qui il avait composé plusieurs tragédies.

Son Europe, dont parlait ici Guy Patin, est une comédie héroïque dont la rédaction avait commencé en 1638 ; jouée pour la première fois le 18 novembre 1642 (soit quinze jours avant la mort du cardinal), elle avait été imprimée l’année suivante (Paris, H. Le Gras, 1643, in‑4o). C’est une allégorie à la gloire de la politique étrangère de la France : courtisant en vain Europe, Ibère décide de la conquérir par la force ; en alliance avec son parent germanique, il essaie de se rendre maître d’Ausonie (l’Italie) et suscite la trahison d’Austrasie (la Lorraine). Francion s’oppose alors aux desseins d’Ibère ; il contracte des alliances discutables (les protestants de Suède et des Provinces-Unies) et parvient à la victoire, en libérant Europe des « tyrans de la Terre » qui voulaient la contraindre.

Tallemant des Réaux (Historiettes, tome i, page 287) :

« Quand il {a} fut de retour à Paris, il fit ajouter à l’Europe la prise de Sedan qu’il appelait dans la pièce l’Antre des monstres. Cette vision lui était venue dans le dessein qu’il avait de détruire la monarchie d’Espagne. C’était comme une espèce de manifeste. M. Desmarets en fit les vers et en disposa le sujet. »


  1. Richelieu.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 1er avril 1650. Note 23

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(Consulté le 05.12.2020)

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