Annexe : Procès opposant Jean Chartier à Guy Patin en juillet 1653
Note [25]

Paul Reneaulme (Renealmus, Blois vers 1560-ibid. 1624), après avoir visité la Suisse, l’Italie, les Alpes, se fit recevoir docteur en médecine à Avignon (1590) et devint médecin du prince de Condé. En 1606, il publia son traité Ex curationibus Observationes quibus videre est morbos tuto cito et iucunde posse debellari, si præcipue Galenicis præceptis chymica remedia veniant subsidio [Observations tirées des guérisons, où sont décrites les maladies qui peuvent être vaincues sûrement et rapidement, principalement si les remèdes chimiques viennent en renfort des préceptes de Galien] (Paris, Adrien Beys, in‑8o), où l’on trouve indiqué pour la première fois l’usage de la ciguë (v. note [8], lettre 196) comme remède et où l’auteur cherche à prouver que les agents chimiques sont d’un grand secours dans la pratique.

La Faculté de médecine de Paris s’inquiéta de ces innovations et fit un procès à Reneaulme, qui aboutit à une rétractation publique avec serment de sa part de ne plus faire usage des préparations qui lui avaient si bien réussi :

Profiteor apud decanum et doctores Parisiensis Scholæ, unquam usurum remediis scriptis in libro observationum mearum typis edito, sed facturum medicinam secundum Hippocratis et Galeni decretos et formulas a Scholæ Parisiensis medicis probatas et usurpatas.

[Je jure devant le doyen et les docteurs de la Faculté de Paris de ne plus jamais avoir recours aux remèdes décrits dans le livre de mes observations, qui a été publié, mais de pratiquer la médecine suivant les principes et les prescriptions d’Hippocrate et de Galien, approuvés et employés par les médecins de la Faculté de Paris].

Contrairement à ce que disait Guy Patin, Reneaulme ne tint pas ses promesses et, à la suite d’un nouveau procès, un arrêt du Parlement de Paris lui permit de faire usage de ses remèdes. En 1611, il publia son Specimen historiæ plantarum cum fig. æneis [Modèle de l’histoire des plantes avec des figures gravées sur cuivre] (Paris, Adrien Beys, in‑8o, avec cinq planches représentant 52 plantes, Medic@), travail original sur lequel Linné fonda son système plus d’un siècle après. Le mérite de Reneaulme n’a été qu’imparfaitement reconnu par ses contemporains. Plumier et Brown ont consacré chacun un genre de plante différent (renealmia) à la mémoire de ce botaniste (G.D.U. xixe s. et Z. in Panckoucke).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Procès opposant Jean Chartier à Guy Patin en juillet 1653. Note 25

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(Consulté le 12.08.2020)

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