À Claude II Belin, les 18 et 22 août 1647
Note [27]

« Sur l’année climatérique, contre les mensonges des astrologues » : Cl. Salamasii de Annis climactericis et antiqua astrologia diatribæ [Discussions de Claude i Saumaise sur les Années climatériques et sur l’astrologie ancienne] (Leyde, Elsevier, 1648, in‑8o de 844 pages avec Index verborum et rerum).

Klimatêr (de klimax, escalier, échelle, instrument de torture) est en grec « l’échelon, le degré d’une échelle » et surtout, le « degré de la vie (difficile à franchir) c’est-à-dire année climatérique, qui passe pour décider de la vie des hommes » (Bailly). En a dérivé, en français, l’adjectif climatérique, « par lequel on a désigné certaines périodes de la vie qu’on regardait comme critiques. Les années climatériques étaient, suivant les uns, toutes les années de la vie de l’homme qui sont des multiples du nombre sept ; d’autres n’ont donné ce nom qu’aux années qui résultent de la multiplication de sept par un nombre impair ; il en est qui n’ont admis que trois climatériques ; quelques-uns enfin ont étendu ce nom aux multiples de neuf ; mais tous ont reconnu pour climatérique la 63e année, qu’on a nommée la grande climatérique, parce que 63 est le produit de sept multiplié par neuf. Les uns et les autres pensaient que la période de trois, ou de sept, ou de neuf, qu’ils avaient adoptées, était nécessaire pour l’entier renouvellement des parties constituantes du corps, de manière qu’il ne restât plus dans l’économie aucune des parties dont elle était formée auparavant. Toute cette théorie se lie à la doctrine des nombres de Pythagore » (Nysten, 1824).

La première page de la Præfatio ad lectorem [Préface au lecteur] de son De Annis climactericis… ne laisse planer aucun doute sur l’opinion de Saumaise (traduite du latin) :

« Tout le calcul climatérique des années, des mois, des jours et des heures ressortit entièrement à l’astrologie et doit être considéré comme absolument sans valeur si la théorie de l’horoscope des Chaldéens est fausse. J’avais donc apprêté une préface assez longue sur son origine et son progrès, et sur ses diverses sectes ; mais sa taille a tant débordé qu’elle n’a pu être facilement placée en tête d’un volume sur les années climatériques, en lui-même déjà fort grand. Nous en avons fait une monographie séparée où, à partir des querelles entre les auteurs, nous avons montré à quel point la science qu’on tire de l’observation des étoiles est entachée de mensonge et d’incohérence ; et aussi comment la science moderne diffère de l’ancienne, qu’on ignore aujourd’hui, tout comme les anciens ont ignoré celle qu’on professe à présent. Nous y expliquons aussi les erreurs qu’ont commises les Arabes en traduisant les Grecs, et les méprises des Arabes sur les écrits astrologiques des Latins. En attendant, nous avons cependant décidé de dénoncer ici en quelques mots la fausseté de ce savoir pour clairement dire que le climatère n’est rien et qu’il ne faut accorder aucune foi aux années climatériques, parce que l’art qui les a produites n’est d’aucun fruit pour l’intelligence de la vie humaine et pour la prédiction qu’il promet du futur. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, les 18 et 22 août 1647. Note 27

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(Consulté le 16.09.2019)

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