À Charles Spon, le 13 avril 1657
Note [27]

Le sieur Bonaventure Basset, dont il allait être souvent question dans la suite des lettres, engageait alors une terrible dispute avec le Collège des médecins de Lyon qui refusaient de le recevoir. Originaire de cette ville, il avait pris son immatriculation à la Faculté de médecine de Montpellier le 25 avril 1652, obtenu son baccalauréat le 5 juillet 1653, sa licence le 8 janvier 1654, puis son doctorat le 26 mars 1654.

Dulieu a fourni les titres de ses thèses :

  • An canities ab inopia caloris nativi ? [La canitie (blanchissement des cheveux) vient-elle d’un défaut de la chaleur innée ?] ;

  • An ileo pilulæ plumbeæ ? [Les pilules plombées conviennent-elles dans l’iléus (occlusion intestinale) ?] (avec l’idée qu’on pouvait déboucher l’intestin en y forçant le passage avec une petite sphère de plomb que le malade avalait) ;

  • Utrum febri putridæ larga aquæ frigidæ potio ? [Est-ce qu’il convient de boire beaucoup d’eau froide dans la fièvre putride ?] ;

  • Utrum catarrho sereno narcotica ? [Est-ce qu’il faut donner un narcotique dans le catarrhe pur ?] ;

  • An colico dolori clysteres ex vino ? [Le lavement avec du vin convient-il à la douleur colique ?] ;

  • An dolenti capiti venæ frontis sectio ? [La saignée d’une veine du front convient-elle au mal de tête ?] ;

  • Utrum extremis morbis extrema remedia ? [Faut-il des remèdes extrêmes dans les maladies extrêmes ?] ;

  • An pingues sint brevioris vitæ quam graciles ? [Les gros vivent-ils moins longtemps que les maigres ?] ;

  • Utrum in hysterica suffocatione vulvæ suaveolentia, naribus graveolentia sint apponenda ? [Dans la suffocation hystérique, faut-il appliquer de bonnes odeurs à la vulve, et de mauvaises aux narines ?].

Après bien des chicanes, Basset finit par être agrégé, à contrecœur, au Collège des médecins de Lyon. On s’apprêtait alors à engager un procès devant le Parlement de Paris (auquel ressortissait Lyon) et les Lyonnais priaient Guy Patin d’intervenir en faveur de leur Collège auprès des nombreux magistrats qu’il comptait dans sa pratique.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 13 avril 1657. Note 27

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(Consulté le 16.06.2021)

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