À Claude II Belin, le 28 mai 1635
Note [3]

« pour qu’il s’expose publiquement au beau milieu du carrefour où se vendent l’encens, les parfums et le poivre, et tout ce qu’on emballe dans de ridicules paperasses » (Horace, Épîtres, livre ii, fin de la lettre 1, à Augustus) :

« Je ne me soucie nullement d’un hommage qui me pèse ; je ne désire ni me voir reproduit dans une caricature de cire, ni être célébré en mauvais vers, de peur de rougir d’une grossière louange et d’être exposé, couché avec mon panégyriste dans une boîte ouverte à tous, au beau milieu du carrefour où se vendent l’encens, les parfums, le poivre et tout ce qu’on enveloppe dans de ridicules paperasses. » {a}


  1. deferar in vicum vendentem tus et odores
    et piper et quicquid chartis amicitur ineptis
    .

Horace (Quintus Horatius Flacco, Venusia 65-8 av. J.‑C.), poète latin ami de Virgile et de Mécène, protégé d’Auguste, a laissé des Odes, des Satires et des Épîtres qui l’ont fait prendre par les humanistes, puis les classiques français, pour modèle des vertus d’équilibre et de mesure.

La première édition grecque et latine jamais publiée des Œuvres de Galien a été celle de René Chartier (v. note [13], lettre 35), mais sa parution ne commença qu’en 1638 (approbation de la Faculté de médecine de Paris datée du 8 août 1637). Peut-être circulait-il déjà des feuilles de l’ouvrage, ou une souscription était-elle déjà ouverte pour la mise en vente prochaine. Il ne circulait alors que le :

Operum Galeni quæ præter titulos non extant omnium Index a M. Renato Charterio Doctore Medico Parisiensi Regis Christianissimi Cons. Medico ac Professore collectus, qui viros sapientissimos supplex orat ut ea studiose, quærant, et comperta, Græceque conscripta Lutetiam ad ipsum mittant, inventoribus gratias elogiis, et honorariis acturum.

[Index de toutes les œuvres de Galien qui ont été perdues, hormis leurs titres : colligé par M. René Chartier, docteur en médecine de Paris, professeur et conseiller-médecin du roi très-chrétien, qui implore l’aide des hommes les plus avisés pour qu’ils lui envoient à Paris, écrits en grec, tous les titres qu’ils auront trouvés ; il leur en témoignera sa reconnaissance par des éloges et des honoraires].


  1. Paris, Siméon Piget, 1633, in‑12 de 39 pages ; titres donnés en latin et en grec juxtalinéaires.

Quoi qu’il en soit, s’il s’agissait bien du Galien de Chartier, l’avenir que lui promettait ici Guy Patin était aussi erroné que malveillant. La suite de ses lettres a donné toute la mesure de la haine aveugle dont il accablait Chartier et sa famille.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 mai 1635. Note 3

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0022&cln=3

(Consulté le 29.06.2022)

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