L. 22.  >
À Claude II Belin,
le 28 mai 1635

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Monsieur, [a][1]

Je vous dirai que sur le dessein que j’avais de vous écrire, j’ai reçu votre seconde ; à cause de quoi, la présente servira de réponse à toutes les deux. Le livre de M. Moreau, [2] de illustrib. Medicis Paris., nec est editus nec edetur unquam[1] Depuis le 18e tome du Mercure[3] il n’y a rien ni aura devant un an. [2] Tant s’en faut que j’entende vous conseiller d’acheter le Galien grec et latin, [4][5] qu’au contraire je veux vous avertir que ce n’est rien qui vaille et qu’il faut < le > laisser là, ut deferatur in vicum vendentem thus et odores et piper, et quidquid chartis amicitur ineptis[3][6][7] Quant au sieur Monsaint, [8] je l’ai vu en cette ville. C’est un petit homme qui fait le finet et le gentil. [4] Il est vrai qu’il est de Sens, [9] et qu’il a pris ses degrés à Reims. [5][10][11][12] Pour médecin du roi, c’est nomine tenus[6] si ce n’est qu’il ait, moyennant quelques pistoles, obtenu quelque lettre de médecin du roi de quelque secrétaire du Cabinet ; mais on se moque de ces titres en ce monde ici et en l’autre. Néanmoins, à la campagne, ces Messieurs s’en font accroire avec ces bulles [13][14] imaginaires. [7] Il hantait en cette ville chez M. de Flécelles, [15] président des comptes[8] Je connais bien aussi ledit Valet, ce n’est pas grand’chose. Monsaint ne peut être parent de M. Bouvard, [16] qui est de Vendôme, ni de sa femme qui est fille de feu M. Riolan [17][18] le bonhomme[9] Vos griefs, en vertu desquels vous ne le voulez recevoir, me semblent assez bons ; mais les jugements que vous avez contre des particuliers semblent vous promettre gain de cause, et serais bien aise de vous voir défendre et gagner cette cause. On ne fait point ici de garde, [10][19] mais on dit que MM. les maréchaux de Châtillon [20] et de Brézé [21] ont défait dans le Luxembourg, [11][22] près de Namur, [23] 6 000 hommes ; mais la nouvelle n’en est pas encore bien certaine. [12] Je vous envoie une petite pièce nouvelle, plus curieuse que bonne : c’est une vespérie [24][25][26][27][28][29] qu’a faite M. Pijart, [30][31][32] où il y a autant de fautes que de pages pour le moins. [13] Il croit néanmoins avoir fait grand’chose. Je vous baise les mains, et à Monsieur votre frère, avec dessein de demeurer, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur,

Patin.

Ce 28e de mai 1635.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 28 mai 1635

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(Consulté le 18.10.2019)